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Les chiens sauvages « votent » en éternuant pour savoir si oui ou non la meute se met en chasse

Crédits : iStock

Au Botswana, il semblerait que les chiens sauvages « votent » en éternuant pour savoir si la meute se met en chasse ou pas. Les recherches menées par une équipe de la Botswana Conservation Trust Predator viennent d’être publiées dans les Actes de la Royal Society B.

Chez les canidés, certaines espèces pratiquent la traque en solitaire comme le renard, mais la plupart évoluent en meute. Celle-ci se caractérise par un ordre hiérarchique précis où l’on distingue un chef, des éléments intermédiaires et des inférieurs hiérarchiques. Chez les loups, le chef de meute est toujours un mâle. Chez les chiens, il peut s’agir indifféremment d’un mâle ou d’une femelle. Mais les éléments inférieurs suivent-ils toujours aveuglément leur chef ? Peut-on parfois parvenir à un consensus ?

En droit, le quorum est le nombre minimal de voix qui doivent être présentes ou représentées pour qu’une délibération soit valide. Il semblerait que le même processus propre aux humains soit entretenu toute proportion gardée chez les chiens sauvages du Botswana. Lorsqu’ils ont fini de se reposer, ces derniers organisent des cérémonies de salutation avant de partir à la chasse. C’est alors que Neil Jordan, du Centre UNSW pour la Science des écosystèmes, qui étudie ces rassemblements sociaux, a commencé à remarquer qu’avant ces rassemblements, les chiens éternueraient beaucoup plus que d’habitude.

Désireux de comprendre ce comportement collectif, les chercheurs ont commencé à suivre et étudier les comportements de cinq meutes avec un total de 68 rassemblements répertoriés. Tous étaient des chiens sauvages africains vivant dans le delta de l’Okavango, au Botswana. Les résultats ont alors confirmé leurs soupçons. Auparavant, les chercheurs pensaient que les chiens éternuaient simplement pour nettoyer leurs voies respiratoires. Mais la quantité d’éternuements et les chiens impliqués ont clairement indiqué un but plus délibéré.

« Plus il y avait d’éternuements, plus il était probable que la meute parte en chasse. L’éternuement agit ici comme une sorte de système de vote », explique Neil Jordan. L’équipe a constaté que si les chiens dominants éternuaient, alors seuls quelques éternuements étaient requis pour que le rassemblement se produise. Si les chiens dominants n’éternuaient pas, alors dix éternuements ou plus étaient requis. Ce phénomène se reproduisait à chaque fois. L’étude note par ailleurs que ces éternuements sont similaires aux signaux utilisés par d’autres espèces canines faisant face à une menace. Cependant contrairement à ces espèces, ces éternuements-ci étaient physiquement détendus et les autres chiens ne répondaient pas aux éternuements de manière anxieuse.

Ces comportements ne sont pas inédits et ont déjà été observés chez les abeilles, les gorilles de montagne et les singes capucins à face blanche. L’étude a par ailleurs pris soin de noter qu’à l’heure actuelle, les chercheurs ne sont pas 100 % sûrs que ces éternuements sont un véritable mécanisme de vote ou une confirmation physique d’une décision déjà atteinte par des moyens inconnus. « Physiologiquement, l’exhalation rapide peut simplement permettre de nettoyer la cavité nasale avant de partir en chasse, permettant ainsi un meilleur flair, mais cela n’empêche pas que les éternuements peuvent aussi être un véritable mécanisme de vote », ont-ils écrit. « Des recherches complémentaires sont nécessaires pour confirmer la causalité ».

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