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Stressé ? Une étude le confirme : les chiens peuvent le sentir

Crédits : PICNIC-Foto

D’après une étude publiée dans PLOS ONE, les processus physiologiques associés à une réponse au stress psychologique aigu produisent des changements dans la respiration et la sueur humaines que les chiens peuvent détecter avec une étonnante précision.

Les odeurs émises par le corps constituent des signaux chimiques (chimiosignaux). Or, l’odorat des chiens leur permet de reconnaître ces signaux qui leur fournissent alors des informations critiques essentielles pour connaître les prédateurs potentiels, localiser la nourriture, identifier le statut reproducteur de leurs congénères ou encore permettre la reconnaissance des membres de la famille.

Compte tenu de l’odorat remarquable des chiens domestiques et de leur histoire de domestication étroite avec les humains, nous pourrions ainsi nous demander si nos chers amis à quatre pattes pourraient ou non détecter des odeurs associées à des changements dans le corps humain, comme l’augmentation des niveaux de stress.

Cela pourrait être utile dans certains domaines d’accompagnement. Nous savons en effet que l’utilisation de chiens en soutien de troubles psychiques humains tels que l’anxiété, les attaques de panique et le trouble de stress post-traumatique (SSPT) gagne en popularité, par exemple.

Des recherches antérieures ont déjà suggéré que les chiens peuvent détecter le stress chez les humains. Cette nouvelle étude le confirme.

Distinguer les odeurs de base des odeurs de stress psychologique

Dans le cadre de ces travaux, l’équipe du Dr Claire Wilson, de l’Université de Belfast, a testé si les odeurs de base et de stress pouvaient être distinguées pour les chiens en utilisant une procédure de choix forcé en double aveugle, en deux phases et en trois alternatives.

Pour ces travaux, les chercheurs ont prélevé des échantillons combinés d’haleine et de sueur de participants non-fumeurs au départ et après une tâche induisant du stress (calcul mental). Le stress des participants, qui se manifestait par une augmentation de la fréquence cardiaque et de la tension artérielle, a ensuite été validé par des auto-évaluations et des mesures physiologiques enregistrées.

Trente-six échantillons de participants ont été présentés à quatre chiens au cours de trente-six sessions. Chaque session comprenait une dizaine d’essais de formation de phase 1 et une vingtaine d’essais de discrimination de phase 2.

Dans la première phase, chaque chien devait renifler un « échantillon de stress » appartenant à participant (pris juste après la tâche arithmétique) et deux échantillons neutres, puis identifier le bon échantillon avec un comportement d’alerte. Dans la phase deux, chaque chien devait renifler un échantillon de stress, un échantillon de référence du même participant prélevé avant la tâche et un échantillon neutre. Là encore, les chercheurs ont évalué sur quel échantillon chaque chien exécutait son comportement d’alerte.

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Un chien reniflant l’échantillon d’haleine et de sueur d’une personne. Crédits : Kerry Campbell

Une efficacité redoutable

Concrètement, si les chiens pouvaient correctement alerter sur l’échantillon de stress dans la phase deux, alors cela suggérait que les odeurs de référence et de stress se distinguaient. Résultat : les performances variaient de 90,00 % à 96,88 % de précision avec une précision combinée de 93,75 %.

Pour les auteurs, ces travaux sont ainsi très clairs : les processus physiologiques associés à une réponse au stress produisent des changements dans les composés organiques volatils émanant de l’haleine et/ou de la sueur qui sont détectables par les chiens. Ces résultats pourraient donc avoir des applications pour les chiens de soutien émotionnel et de trouble de stress post-traumatique qui ne sont actuellement formés que pour répondre aux signaux visuels.