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Chez les enfants, près de la moitié des cancers ne sont pas diagnostiqués

Crédits : Flickr

Une récente étude suggère que près de la moitié des enfants atteints de cancer ne sont pas diagnostiqués. Et donc jamais traités. La grande majorité des cas se trouveraient en Asie du Sud et en Afrique de l’Ouest.

Nous manquons d’informations précises de l’incidence du cancer chez les enfants dans le monde.  En effet, de nombreux pays ne disposent pas de registres permettant de quantifier la présence de la maladie sur leur territoire. Et quand bien même il y en aurait, l’accès aux soins reste pour beaucoup de pays très limité. Faute de chiffres officiels, une équipe de chercheurs s’est donc récemment appuyée sur un modèle informatique pour tenter d’évaluer l’incidence du cancer chez les enfants dans le monde.

Les chercheurs expliquent avoir mis au point ce modèle en tenant compte de plusieurs facteurs. Ils ont notamment pris en compte les tendances de la croissance démographique et de l’urbanisme, de la variation géographique de l’incidence du cancer et des obstacles empêchant les systèmes de santé d’accéder au diagnostic. L’équipe a ainsi estimé le nombre de cas de cancer diagnostiqués ou non dans 200 pays du monde entier. Les détails de l’étude sont publiés dans la revue Lancet Oncology.

Près de la moitié des cancers manqués en Asie du Sud et en Afrique de l’Ouest

Avec cette approche, les chercheurs ont estimé à environ 397 000 le nombre de cas de cancer déclarés dans le monde en 2015 chez les enfants de moins de 14 ans. Et sur ces 397 000 cas, seulement 224 000 enfants auraient été correctement diagnostiqués. Ce qui veut dire que 43 % des cas de cancers n’ont pas été diagnostiqués. Plus précisément, on observe que seulement 3 % des cas de cancer chez l’enfant en Europe occidentale et en Amérique du Nord n’auraient pas été diagnostiqués en 2015, contre 49 % en Asie du Sud et 57 % en Afrique de l’Ouest.

« Cela signifie que beaucoup de ces enfants meurent malheureusement sans traitement, explique Zachary Ward, de l’Université de Harvard (États-Unis) et principal auteur de l’étude. La survie au cancer, même parmi les cas diagnostiqués, est déjà médiocre dans ces pays, mais elle sera essentiellement de 0 % pour les enfants s’ils ne sont pas identifiés et diagnostiqués ». Outre les difficultés d’accéder aux soins de santé, le chercheur note que leurs symptômes peuvent également être confondus avec d’autres affections telles que la tuberculose ou le paludisme. Ce qui entrave également la qualité du diagnostic.

Les registres de cancers indispensables

En projetant ces résultats, les chercheurs ont par ailleurs estimé à 6,7 millions le nombre de cas de cancer déclarés chez les enfants dans le monde entre 2015 et 2030. Sur ce nombre, ils pensent que 2,9 millions de cas qui ne seront pas diagnostiqués. Des résultats qui devraient normalement stimuler des moyens de lutte contre le cancer. Mais pour ce faire, il reste avant tout primordial de mettre en place de véritables registres du cancer dans les pays les plus concernés.

« Seules des données du monde réel peuvent nous donner la véritable image dans un pays ou une région du monde donnée, note en effet Claudia Allemani, de la London School of Hygiene & Tropical Medicine (Royaume-Uni). Les registres du cancer doivent bénéficier d’une stabilité législative, politique et financière leur permettant de collecter des données complètes et de grande qualité dans les meilleurs délais ».

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