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Chez les athlètes paralympiques, l’automutilation comme technique de dopage

Crédits : iStock

Si l’on connaît quelques-unes des techniques de dopage chez les athlètes « valides », certains athlètes paralympiques cèdent parfois à l’utilisation de techniques pour améliorer leurs performances, des techniques bien particulières qui peuvent être vues comme de l’automutilation. 

Alors que les Jeux paralympiques de Rio 2016 ont commencé hier, le 7 septembre et se dérouleront jusqu’au 18 septembre, intéressons-nous à une technique utilisée par certains athlètes atteints d’une lésion de la moelle épinière, appelée le « boosting », ou automutilation, forme de « dopage » puisqu’il s’agit là d’améliorer ses performances. L’explication tient au fait que ces athlètes ne sentent pas leurs membres inférieurs, mais souffrent également de problèmes de pression sanguine et de rythme cardiaque. Alors au cours d’un effort, ils ne sentent pas forcément leur fréquence cardiaque augmenter, ce qui amène à des performances décevantes, à une fatigue due à des pressions sanguines peu élevées et à un manque d’endurance.

Alors, pour éviter de telles déconvenues, certains athlètes n’hésitent pas à mutiler leurs membres insensibilisés afin d’augmenter la pression sanguine, d’améliorer l’afflux de sang dans les muscles et d’obtenir de meilleures performances sportives. Une automutilation qui peut prendre plusieurs formes qui font froid dans le dos, entre chocs électriques, saignées, blocage de la sonde urinaire pour distendre la vessie, cuissardes trop serrées sur les membres inférieurs, torsion ou écrasement des testicules, fracture du gros orteil, etc.

Pour le joueur de tennis-fauteuil, porte-drapeau de la délégation française à Rio, Michaël Jérémiasz, il s’agit d’une pratique assez peu répandue. « C’est très marginal. J’en ai entendu parler lors des Paralympiques (d’hiver) en 2014. Je ne connais pas trop, mais ça peut exister, c’est pas plus fou que ceux qui s’injectent du sang. Cela fait partie des trucs complètement fous que certains peuvent faire« .

Ces techniques posent problème, puisque ceux qui s’y adonnent s’exposent à un risque d’état d’hyper réflectivité autonome (HRA), une urgence médicale connue des personnes paralysées, qui entraîne une brusque augmentation de la pression artérielle, avec un risque d’attaque cérébrale ou cardiaque potentiellement mortelle. « Cette méthode est excessivement dangereuse, car elle est non maîtrisable » explique le docteur Jean-Claude Druvert, médecin et chef de mission de la délégation française à Rio.

Interdit depuis 2004, le boosting était sujet d’une étude que l’agence mondiale antidopage et l’IPC (Comité international paralympique) avaient rendue publique il y a quelques années. « En dépit de leur connaissance des dangers encourus pour leur santé, 16,7% des participants à l’enquête ont indiqué avoir eu recours au boosting pour doper leurs performances, à l’entraînement ou en compétition » peut-on lire dans cette étude. Des chiffres accablants qui poussent l’IPC à intensifier les tests à quelques heures de l’ouverture des Jeux Paralympiques de Rio.

Source : AFP