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Pourquoi ce chewing-gum anti-covid ne devrait jamais arriver sur le marché ?

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Crédits : AndreyPopov / iStock

Alors que l’arrivée récente du variant Omicron affole les gouvernements du monde, des chercheurs américains disent avoir mis au point un chewing-gum anti-covid. Si les résultats sont prometteurs, aucun test sur l’humain n’a eu lieu. Et surtout, le public pourrait ne jamais y avoir accès.

Tromper le virus pour le piéger

L’installation du coronavirus SARS-CoV-2 dans nos quotidiens donne parfois lieu à quelques innovations. Dernièrement, une société britannique a par exemple mis au point un vaccin prometteur sous forme de patch cutané à microaiguilles. Une équipe de l’Université de Pennsylvanie (États-Unis) a quant à elle mis au point un chewing-gum anti-covid qui a là encore donné de bons résultats. Les détails de cette innovation ont fait l’objet d’une publication dans la revue Molecular Therapy le 10 novembre 2021.

Rappelons tout d’abord que l’agent infectieux se concentre en très grande quantité dans le nez, mais également dans la bouche (dans la salive). Quelques études soulignent d’ailleurs le rôle de la salive dans la contamination et la propagation de l’épidémie. Des scientifiques américains ont alors eu l’idée de développer une pâte à mâcher contenant des protéines dont la mission est de piéger le virus.

Le coronavirus SARS-CoV-2 infecte nos cellules en s’accrochant aux protéines ACE2 afin de s’y multiplier. Or, le chewing-gum en question contient lui-même le même genre de protéines, issues de cellules végétales. Ainsi, l’idée est de tromper le virus qui viendrait s’accrocher aux protéines ACE2 que contient la gomme à mâcher.

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Crédits : EMBL

Une simple expérience

En piégeant le virus en grande partie, le chewing-gum permettrait d’éviter le cycle de réplication de l’agent infectieux. La gravité de la maladie et les risques de contamination s’en verraient ainsi réduits. On peut donc parler ici d’innovation prophylactique, c’est-à-dire ayant pour but de limiter ou empêcher l’infection, et non de soigner cette dernière. Les résultats sont assez surprenants, car selon les chercheurs, l’efficacité est supérieure à 95 % dans la réduction du cycle de réplication du virus dans la bouche dans le cas d’une dose de 50 mg ou plus.

En revanche, les scientifiques sont formels : il s’agit seulement d’une expérience de laboratoire, rien de plus. Premièrement, aucun essai clinique sur les humains n’a été mené. En effet, ils ont utilisé un simulateur de mastication. De plus, le coronavirus en conditions réelles infecte également les humains pas d’autres voies (le nez et les yeux). La mise sur le marché d’un chewing-gum anti-covid n’est donc pas du tout à l’ordre du jour.

Selon les auteurs de l’étude, l’intérêt de leurs travaux réside dans les résultats. Il se pourrait que dans un futur proche, de nouveaux concepts de pièges biologiques antiviraux soient mis au point.