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Les chevaux de guerre médiévaux étaient plus petits que les poneys

Crédits : JACLOU-DL/Pixabay

On imagine souvent les chevaux de guerre médiévaux comme des montures massives et puissantes, mais était-ce vraiment le cas ? Dans le cadre d’une étude, des chercheurs ont examiné les tendances de taille et de forme de chevaux anglais au fil du temps. D’après ces travaux, la plupart des chevaux de guerre n’étaient pas plus gros que les poneys modernes.

Les chevaux avaient une place de choix dans la vie sociale, culturelle et économique anglaise au Moyen Âge. Nous savons également que ces montures étaient utilisées comme de véritables armes de guerre ayant le pouvoir de déterminer l’issue d’une bataille. Pour cette raison, des fortunes considérables étaient dépensées pour développer et maintenir des réseaux pour l’élevage et l’entraînement de ces animaux ainsi qu’en témoignent les archives historiques.

Malgré tout, les historiens ne disposent d’aucune indication claire sur les qualités physiques du « cheval de guerre » idéal. Ces problèmes sont exacerbés par la relative rareté des os de cheval dans les assemblages médiévaux par rapport à ceux des périodes romaine et de l’âge du fer à travers l’Angleterre. Cela est en partie dû au traitement post-mortem standardisé de leurs carcasses loin des sites domestiques.

Ainsi, la culture populaire a dû combler les trous, imaginant souvent ces animaux de guerre comme des montures massives et puissantes. Une étude récente publiée dans l‘International Journal of Osteoarchaeology vient pourtant contredire cette idée.

Des chevaux pas plus grands que des poneys

Dans le cadre de ces travaux, une équipe d’archéologues et d’historiens de l’Université d’Exeter s’est appuyée sur le plus grand ensemble de données zooarchéologiques d’ossements de chevaux anglais provenant de 171 sites archéologiques uniques datant d’entre 300 et 1650 apr. J.-C..

En utilisant cet ensemble de données aux côtés d’un échantillon comparatif moderne d’équidés connus, les chercheurs ont examiné les tendances de taille et de forme pour explorer comment la conformation squelettique des chevaux avait évolué au fil du temps, et la manière dont celle-ci reflétait leurs rôles domestiques, d’élite et militaires.

À l’époque, la taille du cheval était mesurée en mains. Cette ancienne unité de mesure équivalait à 10,16 cm. En examinant les archives, les chercheurs ont alors constaté que les chevaux mesuraient souvent moins de 1,4 m de haut. Or, rappelons que de nos jours, un cheval de moins de 1,48 m non ferré au garrot est considéré comme un poney.

chevaux poneys
Crédits : Hans/Pixabay

Durant les XIIIe et XIVe siècles, les chevaux de quinze à seize mains étaient en effet très rares. Le plus grand cheval de la période normande (1066-1075) trouvé par les chercheurs aurait été découvert au château de Trowbridge. Celui-ci mesurait environ 1,5 m. Au cours de la haute période médiévale, des chevaux plus grands ont émergé, certains atteignant 1,6 m de haut. Ce n’est qu’après la période post-médiévale (1500-1650 apr. J.-C.) que la taille moyenne des chevaux est devenue considérablement plus grande, se rapprochant de celle des spécimens modernes.

D’après les auteurs, lors de l’élevage de chevaux de guerre, la sélection se concentrait probablement sur d’autres facteurs importants pour la guerre médiévale, tels que le tempérament et la robustesse plutôt que sur la taille brute.