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Des chercheurs veulent redonner vie au Tigre de la Caspienne, disparu il y a 50 ans

Crédits : Wikimedia Commons

Des chercheurs veulent ressusciter le tigre de la Caspienne, l’un des plus grands félins à n’avoir jamais foulé cette Terre, disparu depuis 50 ans. L’étude, publiée dans la revue Biological Conservation, nous dévoile un plan de réintroduction appuyé par la fondation WWF.

Son déclin coïncide avec l’avancée de la colonisation russe. Le tigre de la Caspienne, ou tigre Touranien (Panthera tigris virgata) fut en effet l’une des nombreuses victimes de la politique soviétique souhaitant transformer la steppe en terres cultivables à partir de 1912 (déforestation, donc raréfaction des proies – cerfs, gazelles et mouflons – et chasse intensive). Progressivement, le tigre de la Caspienne, qui peuplait les pays frontaliers à l’ouest et au sud de la mer Caspienne : la Turquie, le nord de l’Iran, peut être une partie de l’Afghanistan, et l’Asie centrale, incluant une partie du désert de Taklamakan au nord-ouest de la Chine, a vu son habitant naturel transformé. Il s’est alors peu à peu éteint, le dernier spécimen ayant été aperçu en 1972. Aucun spécimen n’existe en captivité.

Aujourd’hui, des chercheurs veulent redonner vie au Tigre de la Caspienne, disparu il y a 50 ans. Le plan, très ambitieux, et révélé dans la revue Biological Conservation, prévoit ainsi de recréer un habitat naturel en Asie Centrale et d’y implanter des tigres génétiquement similaires, en l’occurrence ici, le tigre de Sibérie, qui semble être la sous-espèce la plus proche et classée comme espèce en danger depuis 2010. Les deux sous-espèces auraient en effet un ancêtre commun qui peuplait l’Asie Centrale il y a près de 10 000 ans. Suite à une période glaciaire, certains spécimens se sont retrouvés coincés dans le sud et l’ouest de la région (donnant naissance au tigre de la Caspienne) et d’autres sont allés se réfugier au nord-Est de la Russie (devenant plus tard le tigre de Sibérie).

La population de tigres de Sibérie (toujours menacées) est aujourd’hui stagnante, bien que fébrile. Néanmoins, les efforts de conservations permettent aux scientifiques d’envisager un même regain pour le tigre de la Caspienne en déménageant certains spécimens au Kazakhstan, site habitable déjà identifié pour le projet. Ces grands félins – qui vivent principalement dans les forêts de bouleaux en Russie – pourraient effectivement s’adapter aux conditions Kazakhs où ils seraient réintroduits. Les chercheurs espèrent pouvoir y installer 100 tigres sur les 50 prochaines années. Sur place, sangliers, cerfs et chevreuils seraient la principale source de proies.

Rappelons qu’au cours du 20ème siècle, deux autres sous-espèces de tigre connurent le même triste destin et disparurent : le tigre de Java et le tigre de Bali. Aussi, il est nécessaire de rappeler que les six sous-espèces encore présentes dans leur habitats naturels risquent de connaître rapidement le même avenir si les efforts de conservation ne sont pas fortement et efficacement renforcés.

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