Des chercheurs veulent creuser un puits lunaire de 5 km de profondeur

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Dans une étude récente, des physiciens ont exploré la possibilité de forer un puits lunaire de 5 000 mètres de profondeur. Il n’est ici aucunement question de prospection minière, mais de recherche scientifique. En effet, les chercheurs voudraient davantage étudier les protons.

Prouver la désintégration des protons sur la Lune

En ce moment, la Lune est au cœur de l’attention grâce à la mission chinoise Chang’e 6 qui visait la face cachée de l’astre. Le pays a démontré une avancée technologique significative en plantant un drapeau en basalte lunaire sur la surface, et ce, avant d’entamer son retour vers la Terre avec des échantillons. Toutefois, une nouvelle concernant la Lune est passée assez inaperçue. Une étude pilotée par l’Université du Michigan (États-Unis) a exploré une idée étonnante : forer un puits de 5 km de profondeur sur la Lune. Dans leurs travaux prépubliés sur la plateforme arXiv le 24 mai 2024, les chercheurs expliquent leur démarche.

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, l’objectif ne serait pas de forer le sol pour dénicher des ressources. En effet, les chercheurs ont un but tout à fait scientifique, à savoir prouver que les protons peuvent se désintégrer. Or, si ce phénomène n’a pour l’instant jamais été observé, une telle découverte pourrait remettre en question de nombreuses théories physiques actuellement en vigueur.

Le consensus scientifique concernant les protons les qualifie comme étant des particules à charge électrique positive stables et « immortelles ». Pourtant, le modèle a quelques lacunes : il est incapable de mettre en lien la mécanique quantique et la théorie de la relativité d’Albert Einstein.

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Une idée spéculative

Si un jour, des chercheurs apportent la preuve que des protons sont capables de se désintégrer, il sera alors possible d’élaborer des modèles plus complets. Jamais observé sur Terre, ce phénomène pourrait toutefois l’être sur la Lune. Les chercheurs pensent creuser profondément dans le sol de l’astre afin de découvrir des traces de protons anciens.

Une question peut toutefois se poser : pourquoi ne pas creuser sur Terre ? Pour les auteurs de l’étude, la roche lunaire serait suffisamment dense pour préserver des preuves de la désintégration des protons, ce qui n’est pas le cas sur Terre. Ces preuves prendraient alors la forme d’altérations chimiques dans la structure même de la roche. Les chercheurs estiment également que la Lune est un terrain idéal, car les observations ne pourraient pas être perturbées par les réactions similaires d’autres particules comme sur Terre. Rappelons que la Lune n’a pas d’atmosphère, ce qui limite les risques. Ainsi, les 5 km du futur puits correspondent à une volonté de faire appel à une zone suffisamment protégée et épargnée.

Enfin, les scientifiques n’hésitent pas à rappeler que leur idée est spéculative. De plus, les contraintes sont importantes. Forer le sol lunaire à une telle profondeur n’est pas simple, tout comme l’extraction des roches ainsi que l’utilisation sur place de techniques de microscopie de pointe. Surtout, cette opération implique d’acheminer une foreuse depuis la Terre.