in

Faire naître des petits sans utiliser d’ovule ? Ils l’ont fait avec des souris !

Crédits : FlickR/Karl-Ludwig Poggemann

Injecter du sperme dans une cellule qui n’est pas un ovule, et parvenir par ce biais à faire naître des souris, telle est la prouesse réalisée pour la toute première fois par des chercheurs, ouvrant ainsi la porte à l’élaboration de nouvelles méthodes en matière de procréation médicalement assistée.

« On pensait que seul un ovocyte était capable d’activer le sperme pour rendre possible le développement de l’embryon. C’est la première fois que l’on obtient un développement mené à terme en injectant du sperme dans des embryons« , a déclaré le Dr Perry à l’AFP, principal auteur de l’article, publié dans la revue Nature. Ici, c’est une forme artificielle et particulière d’embryon qui est utilisée, forme obtenue en stimulant chimiquement un ovule afin d’entamer le processus de division cellulaire sans intervention de spermatozoïdes.

Dans ces cellules particulières appelées parthénotes, le sperme injecté par les chercheurs a permis de faire naître des souris dans 24% des cas. Une fois devenues adultes, ces souris étaient bien fertiles et ont eu une espérance de vie normale, comme l’a souligné le Dr Perry au cours d’une conférence de presse à Londres. Pour de nombreux experts, cette prouesse permet non seulement une meilleure compréhension des mécanismes de la reproduction chez les mammifères, mais ouvre également la porte à des perspectives d’application pour la procréation médicalement assistée.

« C’est un tour de force technique« , a jugé Robin Lovell-Badge, biologiste britannique au Francis Crick Institute, à Londres. « Je suis sûr que cela nous apprendra des choses importantes sur la reprogrammation (cellulaire) lors des premiers stades du développement« , même si l’article « ne dit pas encore comment« , a-t-il ajouté. Selon cette étude, l’activation du génome paternel contenu dans le sperme, opération qui déclenche la formation de l’embryon, « peut se faire à un stade plus tardif qu’anticipé au départ, pas seulement dans l’ovocyte« , a observé Marie-Hélène Verlhac, chercheuse en biologie cellulaire au CNRS.

« Mais les souris ne sont pas des humains (…). Même si c’est possible en théorie, il faudra de nombreuses années pour comprendre les risques pour l’ADN et la santé des humains« , a averti Simon Fishel, directeur général de la clinique privée britannique Care Fertility, qui s’interroge également sur les questions éthiques que cela soulève.

Source