in

Ces chercheurs sont parvenus à communiquer avec des patients paralysés !

Crédits : chaîne youtube : The Innovation Channel by Matthew Griffin

Communiquer avec des patients atteints de la maladie de Charcot, ces scientifiques suisses l’ont fait ! Cette prouesse a été possible par le biais d’une interface cerveau-machine et ces recherches sont très importantes.

La maladie de Charcot est une maladie neurologique très difficile. Mortelle dans la plupart des cas, elle paralyse complètement les patients puisque tous leurs muscles sous contrôle volontaire sont touchés, synonyme d’incapacité totale à bouger leur corps. On parle alors de « locked-in syndrome », lors duquel la communication est également impossible.

Les travaux de l’équipe de Niels Birbaumer, professeur au Wyss Center de Genève (Suisse), publiés dans la revue Plos Biology le 31 janvier 2017, donnent de l’espoir pour la communication avec les patients. Selon Jérémie Mattout, chercheur en neurosciences au Centre de recherche de Lyon (INSERM), ces recherches ont permis de « franchir pour la première fois un cap attendu depuis une cinquantaine d’années », des propos recueillis par Sciences et Avenir.

Les chercheurs suisses ont pu communiquer avec quatre patients atteints de la maladie de Charcot, également nommée Sclérose latérale amyotrophique (SLA). Prisonniers de leur propre corps, les patients ont été équipés de casques composés de nombreux capteurs. Certains servent à mesurer le niveau d’oxygène dans le cerveau, tandis que d’autres mesurent l’activité électrique de l’organe. Le but était de pouvoir obtenir des réponses négatives ou positives à des questions et d’évaluer le niveau d’attention des patients.

Les patients ont dû répondre à des questions simples comme « Paris est-elle la capitale de la France ? ». Ainsi, il a suffi à ces derniers d’imaginer leur réponse pour que le signal fonctionne et que les chercheurs sachent si celle-ci était positive ou négative.

« Le signal émis a fonctionné lorsque les patients ont imaginé dire “oui” ou “non”, ce qui est plus simple et naturel que beaucoup d’autres expériences dans lesquelles on propose aux patients un code de communication parfois complexe tel que : imaginer être en train de jouer au tennis pour le “oui”, imaginer entrer dans une maison pour dire “non” “,
explique Benjamin Rohaut, chercheur en neurosciences et médecin à la Columbia University (États-Unis).

Ainsi, 7 fois sur 10, les chercheurs ont pu décoder les réponses des patients. Il leur a été ensuite posé des questions plus personnelles relatives à leur bien-être. La nécessité de poser des questions dont la réponse est oui ou non trouve peut-être des limites, mais l’espoir est permis. Dans le cas où d’autres équipes de recherches valideraient les recherches des scientifiques suisses, il serait alors possible de prendre en compte l’avis des patients dans le cadre de décisions médicales les concernant. En effet, il a été prouvé que le patient ne perdait pas ses pensées volontaires sous l’effet de cette maladie.

Sources : Sciences et AvenirLe Temps