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Des chercheurs inventent une puce électronique capable de s’auto-détruire

Puce qui s'auto-détruit / Crédits : Scott White, University of Illinois

Face à l’accumulation grandissante des déchets électriques et électroniques dans le monde entier, des chercheurs de l’université de l’Illinois (États-Unis) ont eu une idée pour le moins lumineuse. Ils ont en effet conçu une puce électronique capable de s’auto-détruire afin que ses composants puissent être recyclés ou définitivement détruits. Explications.

En 2014, le bilan dressé concernant le poids des déchets électriques et électroniques dans le monde était pour le moins alarmant. En effet, celui-ci avoisinait les 42 millions de tonnes, contre 39,8 millions en 2013. Face à l’augmentation constante du nombre de ces déchets qui posent de réels problèmes aussi bien sanitaires qu’environnementaux, le professeur Scott White de l’université de l’Illinois aux États-Unis a eu une idée pour le moins remarquable. Et pour cause, lui et son équipe ont travaillé de concert à l’élaboration d’une puce électronique qui serait en mesure de s’auto-détruire lorsqu’elle est activée par un signal à distance.

Comment fonctionne ce dispositif ? Les circuits électroniques de la puce sont constitués de magnésium et sont imprimés sur un support extrêmement fin et flexible. L’ensemble est ensuite enchâssé dans de la cire qui renferme des micro-bulles d’acide. Lorsque le récepteur radiofréquence intégré à la puce reçoit un signal radio, il active alors le dispositif de chauffage auquel il est couplé. La température augmentant, la cire se met finalement à fondre et libère l’acide qu’elle contient, ce qui a pour effet de dissoudre l’ensemble de la puce électronique.

En outre, les chercheurs sont également en mesure de contrôler la rapidité avec laquelle se produit cette dissolution en jouant sur l’épaisseur de la cire, sur la concentration d’acide et sur la température. Le temps que met la puce électronique à s’auto-détruire peut ainsi varier de 20 secondes à quelques minutes en fonction de ces paramètres. Enfin, il est possible de décomposer la dissolution en plusieurs étapes en intégrant différentes couches de cire dont la température de fusion sera différente. De cette façon, il devient possible d’épargner certains constituants de la destruction afin que ces derniers puissent être recyclés ultérieurement.

« Si vous ne pouvez plus continuer à utiliser un objet, qu’il soit obsolète ou qu’il ne fonctionne plus, nous voulons être capables de séparer ses différents constituants pour que l’on puisse les recycler. Et, si ce n’est pas possible, de les dissoudre pour qu’ils ne restent pas éternellement dans une décharge », explique Scott White, relayé par le site Sciences & Avenir.

Source : Sciences & Avenir — Le Monde

– Crédits photo : Scott White, University of Illinois