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Des chercheurs ont identifié la source physique de l’anxiété dans le cerveau

Crédits : iStock

Une nouvelle étude portant sur la base neurologique de l’anxiété a permis d’identifier des cellules situées dans l’hippocampe. Il apparaît que si ces dernières régulent le comportement anxieux, elles peuvent toutefois être contrôlées par un faisceau de lumière.

Les résultats, jusqu’ici démontrés dans des expériences avec des souris de laboratoire, pourraient offrir une lueur d’espoir aux millions de personnes dans le monde qui souffrent de troubles anxieux. Ils ouvrent la voie à de nouveaux médicaments visant à contrôler les neurones. « Nous voulions comprendre où l’information émotionnelle traduite dans le sentiment d’anxiété est encodée dans le cerveau », explique le neuroscientifique Mazen Kheirbek de l’Université de Californie à San Francisco.

Pour le savoir, l’équipe s’est appuyée sur une technique appelée « imagerie calcique ». Cette méthode a été utilisée pour enregistrer l’activité des cellules de l’hippocampe des souris, par le biais de capteurs miniatures préalablement insérés dans leurs cerveaux. Les données ont été récoltées pendant que les animaux se déplaçaient dans des labyrinthes spéciaux fabriqués pour l’expérience. À l’intérieur se trouvaient certains chemins conduisant à des espaces ouverts et des plates-formes élevées, des environnements exposés connus pour provoquer un sentiment d’anxiété chez les souris, en raison de la vulnérabilité accrue aux prédateurs qu’ils amènent.

Loin de la sécurité des murs, quelque chose s’est passé dans la tête des souris. Observant un groupe de cellules dans une partie de l’hippocampe appelé CA1 ventrale (vCA1), les chercheurs ont remarqué que plus les souris étaient anxieuses, plus l’activité neuronale devenait grande dans cette région. « Ces cellules ne fonctionnent que lorsque les animaux se trouvent dans des endroits qui leur font peur », explique René Hen, co-auteur de l’étude. Elles ont par ailleurs été localisées dans la région de l’hippocampe qui – entre autres – régule les hormones qui contrôlent les émotions.

Parce que ce même processus de régulation opère aussi chez les humains, les chercheurs supposent que ces « neurones anxieux » pourraient également faire partie de notre système. « Maintenant que nous avons trouvé ces cellules dans l’hippocampe, cela ouvre de nouvelles perspectives pour explorer des idées thérapeutiques dont nous ignorions l’existence », note Jessica Jimenez, du Vagelos College of Physicians & Surgeons de l’Université Columbia (États-Unis).

En outre, les chercheurs auraient déjà trouvé un moyen de contrôler ces « cellules d’anxiété » – du moins chez les souris. En utilisant une technique appelée optogénétique, visant à faire briller un rayon de lumière sur les cellules, les chercheurs ont réussi à les réduire au silence et à stimuler une activité plus « confiante » chez les souris. « Ce que nous avons découvert, c’est qu’elles sont devenues moins anxieuses, elles avaient même tendance à vouloir explorer le reste du labyrinthe plus précisément ».

Notons enfin qu’en modifiant les paramètres de lumière, les chercheurs ont également réussi faire l’inverse : booster l’activité des cellules anxieuses, allant jusqu’à faire trembler les animaux alors même que ceux-ci étaient installés en toute sécurité dans un environnement confiné et clos. Les prochaines étapes consisteront à déterminer si ce même interrupteur de contrôle régule l’anxiété humaine.

Vous retrouverez tous les détails de cette étude dans la revue Neuron.

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