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Des chercheurs examinent un trou noir 55 millions de fois plus massif que le Soleil

Capture vidéo. Crédits : ICRAR/Curtin

Des astronomes se sont récemment appuyés sur deux radiotélescopes et plusieurs télescopes optiques pour étudier des mécanismes complexes qui alimentent des jets de matériaux qui s’éloignent d’un trou noir 55 millions de fois plus massif que le Soleil.

Centaurus A (appelée également NGC 5128) est une galaxie lenticulaire située à environ 12 millions d’années-lumière de la Terre dans la constellation du Centaure. C’est une des radiogalaxies les plus proches de la Terre, par conséquent son noyau galactique actif a été particulièrement étudié par les astronomes professionnels. « En tant que radio galactique la plus proche de la Terre, Centaurus A est le “laboratoire cosmique” idéal pour étudier les processus physiques responsables du déplacement des matériaux et de l’énergie du noyau de la galaxie », explique le Dr Ben McKinley, de la Curtin University à Perth, en Australie-Occidentale.

Les chercheurs se sont ici appuyés sur le Murchison Widefield Array (MWA) et sur l’Observatoire de Parkes, deux radiotélescopes à grands champs de vision, leur permettant d’étudier la structure à grande échelle de la galaxie. Le MWA est un radiotélescope à basse fréquence situé à l’Observatoire de Radio-astronomie de Murchison dans le Midwest de l’Australie-Occidentale, exploité par l’Université Curtin pour le compte d’un consortium international. L’observatoire de Parkes est un radiotélescope de 64 mètres que vous retrouverez en Nouvelle-Galles-du-Sud. Plusieurs télescopes optiques ont également été utilisés pour cette étude : le télescope Magellan au Chili, l’observatoire Terroux à Canberra et l’observatoire High View à Auckland.

« Si nous pouvons comprendre ce qui se passe dans Centaurus A, nous pouvons appliquer cette connaissance à nos théories et simulations pour savoir comment les galaxies évoluent dans tout l’Univers », note le coauteur Steven Tingay de l’Université Curtin. « En plus du plasma qui alimente les grands panaches de matériaux pour lesquels la galaxie est célèbre, nous avons trouvé des preuves d’un vent galactique qui n’a jamais été vu auparavant — un flux de particules à grande vitesse qui s’éloigne du noyau de la galaxie, et influe sur le milieu environnant ».

En comparant les observations radio et optiques de la galaxie, l’équipe a également trouvé des preuves que les étoiles de cette galaxie étaient plus anciennes qu’on ne le pensait, et qu’elles étaient probablement affectées par les vents et les jets émanant de la galaxie.

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