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Des chercheurs développent un poumon artificiel portatif

Crédits : iStock

Après le cœur artificiel, une équipe de chercheurs français développe actuellement un poumon artificiel qui est portatif et ne nécessite donc aucune opération. Les premiers patients pourraient en bénéficier d’ici à cinq ans.

C’est une révolution médicale qu’annonce une équipe de chercheurs français du Centre chirurgical Marie Lannelongue (Hauts-de-Seine) menée par le professeur Olaf Mercier, chirurgien du département de chirurgie thoracique, vasculaire et transplantation cardio-pulmonaire. Cette équipe met actuellement au point un poumon artificiel portatif qui devrait voir le jour en 2020.

La différence majeure avec le cœur artificiel Carmat est que ce poumon ne nécessite pas d’implantation dans le corps ni de retirer le ou les poumons malades. Il s’agit en réalité d’un dispositif portatif qui se portera comme une ceinture située sous la poitrine du patient, intégrant une batterie (à recharger sur secteur) et un oxygénateur. Le dispositif sera alors relié au cœur par le biais d’une petite canule (un tube) insérée dans une artère au niveau du cou du patient.

Ainsi, le poumon portatif fera le travail du poumon malade en envoyant du sang chargé d’oxygène dans le cœur. « La canule est la seule chose qui va rester à l’intérieur du corps », explique le Pr Olaf Mercier. « Elle va pénétrer à la base du cou et va aller jusque dans le cœur au niveau de la partie droite pour prendre le sang sans oxygène et au niveau de la partie gauche pour redonner du sang avec l’oxygène ».

Si la greffe de poumon existe déjà, ce poumon artificiel n’a pas pour objet de remplacer ce principe, mais plutôt de compléter l’ensemble des soins offerts aux patients qui souffrent des poumons. Ici, les destinataires sont justement les patients qui souffrent d’insuffisances respiratoires très graves, et qui ne peuvent pas bénéficier d’une greffe de poumon, soit parce qu’ils sont trop âgés, soit parce qu’ils sont trop fragiles, ce qui concernerait environ 10 000 patients chaque année en France. Ce dispositif devrait être opérationnel pour l’année 2020.

Source : europe1