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Les chauves-souris vampires n’hésitent pas à partager des repas de sang

Crédits : MOHANN

Les chauves-souris vampires femelles régurgitent souvent du sang à des parents et non-parents socialement liés ayant échoué dans leur chasse nocturne. Ces partages de nourriture se forment via des associations privilégiées et un toilettage social au sein des dortoirs. D’après une étude récente, ces relations de coopération s’étendent également au-delà du gîte.

Les biologistes savent que les chauves-souris sont des mammifères sociaux, en particulier les femelles. Ils se toilettent mutuellement à l’intérieur de leurs dortoirs et régurgitent souvent leurs repas pour nourrir les moins chanceux dans leur partie de chasse. Tout comme les humains et d’autres animaux, les chauves-souris ont également des préférences sociales (des amis et, disons, des “moins bons amis”). Mais jusqu’où ces amitiés vont-elles ?

Dans le cadre de ces travaux, des chercheurs de l’Université d’État de l’Ohio voulaient savoir si les chauves-souris se nourrissaient seules ou avec des amis en dehors du gîte. Gerald Cater et son équipe ont donc étudié deux colonies de Desmodus rotundus, des chauves-souris vampires communes évoluant près des éleveurs dans les zones rurales du Panama.

Grâce à des filets tendus sur la trajectoire de vol, les chercheurs ont pu capturer et marquer une cinquantaine de femelles avec des dispositifs de suivi. Ces derniers ont permis d’appréhender l’emplacement des chauves-souris à l’intérieur du dortoir, et donc de déterminer leurs liens d’amitié. Ces mêmes appareils ont ensuite permis de savoir lesquelles des chauves-souris se sont retrouvées plus tard sur les sites d’alimentation.

Pour observer et enregistrer les mammifères, les chercheurs ont utilisé une caméra infrarouge et un microphone à ultrasons. Ce dernier était connecté à un ordinateur et enregistrait automatiquement les ondes sonores émises par les chauves-souris.

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Crédits : Sherri et Brock Fenton

“Tu viens manger ? C’est moi qui invite”

Les chercheurs ont ainsi découvert que les mammifères opéraient divers appels au fur et à mesure qu’ils se nourrissaient, soit pour attirer d’autres chauves-souris (les amies), soit pour éloigner celles avec lesquelles elles n’avaient aucun lien particulier.

Toutes les nuits, c’est alors la même danse. Les chauves-souris quittent le creux des arbres dans lesquels elles vivent et s’envolent dans la nuit à la recherche de bétail. Une fois la cible verrouillée, le mammifère ailé atterrit sur son dos, utilise ses capteurs de chaleur pour localiser les vaisseaux sanguins avant de préparer le site de la plaie en rasant les poils avec sa langue rugueuse. La chauve-souris passe enfin à table. Et souvent, elle n’est pas seule. Selon ces travaux publiés dans PLOS Biology, certains spécimens peuvent en effet alerter leurs amis.

Pour les chercheurs, cette étude révèle que les chauves-souris vampires, qui souffrent souvent d’une mauvaise réputation, ne sont en réalité pas si différentes de nous. “Cela montre que la façon dont elles se comportent à certains égards est semblable à la façon dont nous, les humains, nous comportons“, souligne Brian Bird, de l’Université de Californie à Davis. “Elles s’occupent préférentiellement des membres de leur famille et de leurs amies“.

Ces comportements alimentaires pourraient favoriser la survie des chauves-souris. En effet, préparer une plaie prend du temps et du travail, ce qui rend ces animaux plus vulnérables aux prédateurs (les rapaces, notamment). Ainsi, le fait d’être averties d’un repas “préparé à l’avance” rend les chauves-souris moins susceptibles d’être repérées, et donc mangées à leur tour.