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Charlie Blackwell-Thompson, celle qui donne le feu vert pour les décollages de la SLS

Charlie Blackwell-Thompson
Charlie Blackwell-Thompson est la première femme directrice de vol de la NASA. Crédit : NASA

Ingénieur depuis plus de trente ans, elle aura participé au programme de la navette spatiale américaine et à différentes missions Hubble avant d’intégrer le programme Artemis. Ce mercredi, Charlie Blackwell-Thompson est par ailleurs devenue la première femme directrice d’un lancement dans l’histoire de la Nasa.

« Go for launch ! »

Ces mots résonnent souvent à quelques secondes de chaque lancement. Ce mercredi, dans la salle de tir numéro 1 du Kennedy Space Center de la NASA, ils ont été prononcés par une femme pour la première fois devant 91 ingénieurs et autres techniciens. Il s’agit de Charlie Blackwell-Thompson.

Sa présence à ce poste si convoité tranche avec une autre époque, celle d’Apollo. Dans les années 60, la salle de tir de la NASA ne comptait en effet qu’une seule femme pour 450 hommes. Désormais, un tiers des quelque cent ingénieurs présents sur place sont des femmes.

Plus concrètement, Charlie Blackwell-Thompson supervise toute la planification, la formation et les procédures du compte à rebours. Autrement dit, c’est elle la patronne. C’est également elle qui a la responsabilité de le stopper à tout moment. Avec son équipe, elle surveille et contrôle ensuite le comportement du lanceur durant les premières minutes après le décollage.

C’est donc elle qui, le 29 août dernier, avait stoppé le compte à rebours 40 minutes avant le lancement lors de la première tentative après avoir appris que l’un des quatre moteurs de la fusée ne semblait pas atteindre la bonne température de refroidissement. C’est aussi elle qui, cinq jours plus tard, avait renoncé au lancement après la découverte d’une fuite d’hydrogène liquide à la base de la fusée.

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Décollage de la SLS depuis le KSC. Crédit : Bill Ingalls/NASA

Un rêve de jeune fille

Cette femme qui, selon Jeremy Parsons, directeur adjoint des systèmes d’exploration au sol de la NASA, représente l’incarnation de la « grâce sous pression », n’a évidemment pas été choisie au hasard. Diplômée en génie informatique en 1988 à l’Université Clemson, en Caroline du Sud, elle a d’abord travaillé sur des missions de navette spatiale en tant qu’ingénieur logiciel de vol de charge utile pour Boeing. Elle s’est ensuite illustrée en tant qu’ingénieur électricien principal sur plusieurs missions de réparation du télescope spatial Hubble.

Employée de la NASA en 2004, elle détient également plusieurs brevets sur les systèmes de vol spatial.

Dans un podcast de la NASA partagé l’année dernière, Charlie Blackwell-Thompson avait décrit le « frisson » d’entrer dans la salle de tir 1 pour la première fois en 1988 lors d’une visite au Kennedy Space Center lors d’un entretien d’embauche avec Boeing. À l’époque, le personnel préparait la navette spatiale Discovery pour la première mission après la catastrophe de Challenger. « Je voulais faire partie de cette équipe. Je voulais mériter une place dans la salle, et j’ai eu la chance avec le temps de le faire« , avait-elle déclaré.

Désormais perchée à son bureau dans la rangée supérieure de la salle de tir, la plus proche d’un énorme mur incliné de fenêtres faisant face à la rampe de lancement, c’est elle qui donnera le feu vert des prochaines missions Artemis.

Pour l’heure, Artemis 1 semble se dérouler comme prévu. Le vaisseau devrait atteindre la Lune le 22 novembre. Il évoluera ensuite pendant environ deux semaines sur une orbite rétrograde, le temps d’effectuer de nombreux tests, avant de se préparer pour le voyage de retour prévu le 11 décembre.