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Chanter diffuse-t-il plus le coronavirus que parler ?

Crédits : PxFuel

Des chercheurs britanniques ont analysé la quantité d’aérosols et gouttelettes générées par des artistes chanteurs. Selon les résultats, chanter ne produirait pas plus de particules potentiellement contaminées que le simple fait de parler. En revanche, il incombe de souligner que ceci est seulement effectif à volume égal.

Une histoire de volume

Le SARS-CoV-2 se transmet via les gouttelettes contaminées contenues dans les aérosols flottant dans l’air. Ces mêmes gouttelettes peuvent aussi retomber sur certaines surfaces dont le contact doit faire l’objet de précautions. Dans le cadre du projet de recherche Perform de l’Université de Bristol (Royaume-Uni), des chercheurs ont examiné la quantité de gouttelettes émanant du chant de 25 artistes provenant de tous horizons musicaux. Il est question d’artistes provenant de l’opéra, du théâtre musical, de la pop, du jazz ainsi que du gospel.

Comme l’explique la BBC dans un article du 20 août 2020, les volontaires ont effectué une série d’exercices incluant du chant à différentes hauteurs et volumes. Par ailleurs, ces tests ont été pratiqués dans une salle en l’absence totale d’autres aérosols. En effet, les meneurs de l’étude ont voulu analyser les aérosols produits par des sons spécifiques. Selon eux, le volume de la voix a un impact important sur la quantité d’aérosols. Entre le plus faible et le plus haut niveau de chant (ou de parole), les émanations de particules peuvent être 30 fois plus importantes. Autrement dit, le volume est un élément déterminant quant aux projections de gouttelettes, bien plus que le moyen d’expression lui-même.

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Crédits : Marko Milivojevic/Pixnio

Un possible changement des restrictions

Le chant ne représente donc pas un risque excessif, si bien que ces recherches pourraient avoir une influence sur les décisions concernant les restrictions au niveau des salles de spectacle. Rappelons qu’actuellement en France, les événements musicaux ne peuvent pas accueillir plus de 5 000 personnes, sauf dérogation. Évoquons également le fait que la ventilation peut avoir un rôle dans la diffusion des aérosols. Selon les chercheurs britanniques, plus la salle est grande, plus la ventilation est importante et les volumes concentrés.

La diffusion des particules a fait l’objet de recherches variées. Avec la reprise progressive du trafic aérien, il a notamment fallu réfléchir à une nouvelle réglementation incluant le port du masque. En juin 2020, le spécialiste de la simulation numérique Ansys a réalisé une vidéo montrant les projections de gouttelettes des passagers avec et sans masque. Cette simulation intégrait également des modèles physiques complexes au niveau des flux d’air générés par le système de ventilation de l’avion.