Avec le changement climatique, nos aliments vont changer de goût

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Météo instable, sécheresse, canicules à répétition, neige tardive ou inondations, autant de dérèglements climatiques qui pourraient modifier définitivement la saveur de nos aliments.

Composition du sol, température, humidité ou exposition aux pesticides, autant de facteurs qui peuvent influencer la saveur d’un aliment. Même les parasites seraient capables d’altérer le goût de certaines denrées, incitant les plantes à libérer davantage de composés chimiques. Et ce n’est pas près de s’arrêter…

L’impact du changement climatique sur les récoltes

Le changement climatique a un impact significatif sur les récoltes et la saveur des aliments. Avec l’augmentation des températures, les cultures sont susceptibles de pousser plus vite, réduisant ainsi le temps de germination des graines et entraînant par la même occasion une diminution des rendements.

Les épisodes de canicule à répétition mettent ainsi les plantations à rude épreuve, réduisant la pollinisation et augmentant le risque de propagation des ravageurs. Sans compter l’irrégularité des précipitations et les inondations qui perturbent la croissance des cultures.

Enfin, une concentration plus élevée en CO2 peut réduire la teneur en protéines et en nutriments de certains aliments comme le blé ou le riz.

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Des aliments susceptibles de changer de saveur, mais aussi de composition

En plus de diminuer les rendements et de rendre la culture de certains aliments de plus en plus difficile, le dérèglement climatique peut altérer la saveur des aliments et modifier définitivement leurs composés chimiques.

Les conditions de croissance actuelles peuvent ainsi modifier la concentration de sucres, d’acides et d’autres composants des fruits et légumes, affectant alors leur saveur. Sur le même schéma, le stress hydrique causé par le manque d’eau est susceptible d’augmenter la concentration de certains composés aromatiques.

Mais la saveur des aliments n’est pas la seule à se voir altérée : la qualité nutritionnelle des aliments cultivés peut elle aussi être touchée du fait de l’augmentation du CO2, ayant pour effet de réduire la teneur en protéines et en minéraux de ces denrées.

Enfin, des changements dans la qualité du sol et la disponibilité des nutriments peuvent grandement influencer la saveur des fruits et légumes cultivés.

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Crédits : Maksym Belchenko/iStock

Raisin, café, mais aussi viande et produits laitiers

Avec l’augmentation des températures, le processus de maturation des raisins se voit particulièrement accéléré, augmentant ainsi la teneur en sucre dans le vin, et modifiant ses arômes. Idem pour le café dont les grains se voient affectés par les conditions météorologiques, risquant de réduire l’intensité de la boisson.

Mais les plantes ne sont pas les seules concernées : la viande et les produits laitiers pâtiraient eux aussi des changements climatiques. Ainsi, le moment et la façon dont les animaux d’élevage consomment leur nourriture (des plantes elles aussi altérées par les conditions météorologiques) pourraient modifier la nature de leurs composés chimiques, de leurs graisses et de leurs muscles.

Des répercussions sur les revenus des producteurs

En plus d’affecter la saveur des aliments, le changement climatique présente des répercussions sociales. En Chine par exemple, les producteurs de thé verraient leurs revenus baisser d’au moins 30% en période de mousson du fait de la perte de saveur des feuilles à cette époque de l’année. Avec le réchauffement, la capacité de l’atmosphère à retenir l’humidité augmente à vitesse grand V, et les précipitations, susceptibles de s’intensifier pendant la saison des moussons.

Même schéma pour les cultures aquatiques qui pâtiront à terme de l’augmentation de la température de l’eau et d’une plus forte concentration en composés chimiques.

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Crédits : Maksym Belchenko/iStock