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Mission Chang’e 5 : la Chine vient d’alunir avec succès !

Illustration de l'alunisseur chinois. Crédits : CNSA / NASA

C’est fait ! l’alunisseur de la mission chinoise Chang’e 5 s’est posé avec succès il y a quelques heures, selon les médias d’État. Objectif : recueillir environ deux kilos d’échantillons et les ramener vers la Terre.

Le 23 novembre dernier la Chine lançait avec succès sa mission Chang’e 5, qui vise à ramener sur Terre les premiers nouveaux échantillons lunaires depuis le programme américain Apollo (1969 à 1972) et la mission soviétique Luna 16 (1970). Pour rappel, la Chine dispose déjà de trois engins spatiaux actifs sur la surface lunaire : l’atterrisseur Chang’e 3, arrivé en 2013, ainsi que l’atterrisseur Chang’e 4 et son rover Yutu 2, qui ont atterri “de l’autre côté” de la Lune en janvier 2019.

Alunissage réussi

Pour l’heure, tout semble se passer comme prévu. Le vaisseau s’est en effet correctement inséré dans l’orbite lunaire le 28 novembre dernier, soit cinq jours après son lancement depuis la base spatiale de Wenchang. L’orbiteur (qui comprend le vaisseau spatial de retour) et son atterrisseur (qui comprend également le module de remontée) se sont ensuite séparés le lendemain à 20h40 heure française.

Cette opération préparait donc le terrain pour l’alunissage prévu près du sommet de Mons Rümker, un massif montagneux s’élevant dans la partie nord-ouest de l’océan des Tempêtes. “Le vaisseau spatial fonctionne bien et la communication avec le contrôle au sol est normale“, avaient alors déclaré des responsables de l’Administration spatiale chinoise (CNSA).

Ces derniers n’avaient pas communiqué sur la date précise de cette opération. La chaîne d’information publique CGTN vient finalement d’annoncer le succès de cet alunissage.

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L’alunisseur et le véhicule d’ascension se séparent de leur orbiteur le 30 novembre 2020, heure de Pékin. Crédits : CCTV

Collecter des échantillons et les ramener sur Terre

L’objectif annoncé de cette mission Chang’e 5 sera de collecter environ deux kilos d’échantillons forés. Chang’e 5 étant alimenté à l’énergie solaire, cette mission devra être accomplie en maximum deux semaines terrestres, soit avant le coucher du soleil dans la région (un jour lunaire dure environ 29 jours terrestres, de sorte que la plupart des sites lunaires reçoivent deux semaines de soleil continu suivies de deux semaines d’obscurité).

Ces échantillons seront ensuite mis sous scellé dans le véhicule d’ascension qui décollera dans le but de rejoindre l’orbiteur et lui remettre les roches. Enfin, l’orbiteur entamera le trajet de retour vers la Terre environ six jours plus tard. Il doit normalement larguer son précieux “butin” en Mongolie-Intérieure vers la mi-décembre.

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Crédits : All About Space / Future

Si la mission réussit, les scientifiques planétaires pourront tester certaines théories clés sur l’origine de la Lune et des planètes rocheuses du système solaire interne.

L’âge d’un corps rocheux peut en effet être estimé en fonction du nombre de cratères. Concrètement, plus un corps existe depuis longtemps, plus sa surface sera bombardée. Toutefois, ce n’est pas une mesure très précise. Jusqu’à présent, les estimations de l’âge de Mons Rümker et de ses environs, dérivées du nombre de cratères d’impact sur lui, ont varié de plus de trois milliards à un milliard d’années.

L’âge absolu des échantillons retournés sera cette fois déterminé par datation radiométrique. Il s’agit d’une méthode visant à calculer les proportions relatives d’isotopes radioactifs particuliers (éléments avec plus ou moins de particules dans le noyau atomique que la substance standard) contenus dans les roches. Ces efforts aideront ensuite à déterminer avec précision l’âge de cette surface lunaire en particulier, mais aussi d’affiner nos modèles visant à mieux appréhender les surfaces de Mars, Mercure et Vénus.