in ,

Cette start-up française désire déployer des taxis volants à hydrogène !

Crédits : Avionéo

Un entrepreneur français a muri son concept durant une dizaine d’années. Il s’agit de désenclaver les villes à l’aide d’un genre de taxi volant autonome à hydrogène. L’intéressée désirait une solution efficiente, accessible tout en limitant au maximum l’impact sur l’environnement.

Trois axes très importants

Si les projets de taxis volants sont nombreux, ceux proposant un fonctionnement à l’hydrogène sont beaucoup plus rares. En 2018, la société israélienne Urban Aeronautics avait présenté son concept CityHawk. Il s’agissait d’un VTOL – Vertical Take Off and Landing. Les créateurs avaient annoncé une vitesse de pointe de 270 km/h, une autonomie de 150 km et une capacité de transport de cinq personnes. Aujourd’hui, il y a peu de nouvelles de ce projet mais Urban Aeronautics avait annoncé de premiers essais pour 2021 ou 2022. Par ailleurs, les premiers appareils devraient être équipés de deux turbomoteurs d’hélicoptère Safran HE Arriel 2N de 1 000 CV chacun.

En France, un projet assez similaire pourrait voir le jour dans un futur proche, comme l’explique L’Usine Digitale dans un article du 2 juillet 2021. Il est également question d’un VTOL à hydrogène, associant la souplesse du décollage vertical façon hélicoptère et l’efficacité du vol d’un avion. À la tête de la start-up Avionéo basée à Dijon, Yves Charles dit avoir travaillé sur trois axes. Le premier concerne la masse de l’appareil, le but étant d’obtenir un appareil le plus léger possible. Le second est relatif à l’aérodynamisme, s’inspirant des mammifères marins. Citons également le rendement de la chaine de traction. L’objectif ? Minimiser la perte énergétique au moment de la conversion de l’énergie chimique en énergie mécanique.

Avionéo
Crédits : Avionéo

Des objectifs précis

Encore à l’état de concept, Avionéo ne demande qu’à avancer. Pour faire en sorte que son taxi volant devienne réalité, l’intéressée a avancé deux pions importants : le projet de recherche collaboratif Vita GéoDRONE et le consortium TurboH2. Dans le cadre du projet Vita GéoDRONE, le but est de concevoir un appareil capable de cartographier le sol jusqu’à 120 m à l’aide d’un radar. La première étape est de fabriquer un aéronef à l’échelle 1 et placer de l’équipement à la place des futurs passagers que pourrait transporter l’appareil à l’avenir. En attendant, Avionéo devra réunir la somme de 2,5 millions d’euros afin de passer du stade de la maquette à celui de prototype opérationnel (démonstrateur). Dans le cas du consortium TurboH2, les équipes travaillent sur un turbo générateur polycarburants compatible avec l’hydrogène.

Le projet d’Avionéo concerne la mobilité régionale, c’est-à-dire des trajets d’une cinquantaine de kilomètres – 20 minutes à 150 km/h. Selon Yves Charles, ceci pourrait permettre de “réaménager les zones rurales” et “désenclaver les villes”. Il est aussi question d’inscrire le concept dans un esprit de partage. La start-up mise donc à terme sur la mise en place d’applications comme Uber ou BlablaCar version mobilité aérienne. Alors que la concurrence est rude concernant les taxi volants, Avionéo pense pouvoir effectuer ses premiers vols commerciaux dès 2025.

Enfin, les appareils seront dans un premier temps pilotés par des humains. Néanmoins, le but est à terme d’atteindre une autonomie complète, à la manière des voitures autonomes. Yves Charles a déclaré que la start-up s’inscrivait d’ores et déjà dans le machine learning. Ainsi, la capacité de transport sera de deux passagers, puis trois lorsque l’appareil sera totalement autonome.