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Cette start-up française a utilisé une technologie inédite pour propulser des satellites !

Crédits : CNRS / ThrustMe

La start-up ThrustMe a été récemment à l’origine d’une première mondiale. Cette société a envoyé dans l’espace son premier moteur électrique, dont l’objectif est de propulser des mini-satellites. Toutefois, ce moteur n’a rien de conventionnel puisqu’il utilise de l’iode au lieu du xénon.

Une technologie inédite

Comme l’explique un communiqué du CRNS du 6 novembre 2020, la start-up TrustMe a envoyé dans l’espace son premier moteur électrique pour la propulsion de petits satellites. Cette société a collaboré à la mission de SpaceTy, une entreprise spécialisée dans les cubesats low cost. Par ailleurs, le lancement n’a pas eu lieu aux États-Unis ou en Europe, mais à Taiyuan (Chine). Le moteur de TrustMe est tout sauf conventionnel. Effectivement, celui-ci n’utilise pas de gaz neutre comme du xénon, mais de l’iode. Il faut savoir que l’iode est plus facile à stocker, mais aussi moins rare, donc plus abordable financièrement.

Ane Aaneslan, fondatrice de TrustMe rappelle que le xénon existe seulement sous forme gazeuse. Ainsi, celui-ci doit être stocké dans des réservoirs à haute pression complexes et sensibles. En revanche, l’iode se conserve sous forme solide et permet des moteurs moins sensibles et de taille plus réduite. Par exemple, le moteur qu’a utilisé SpaceTy pour sa mission peut tenir dans une main.

cubesat moteur CNRS
Crédits : CNRS / ThrustMe

Une future constellation de satellites ?

L’objectif de ThrustMe est de mener des tests complets du système de propulsion électrique durant plusieurs mois. Ces tests concernent également les manœuvres orbitales. La start-up prévoit de poursuivre le développement de ce moteur compact et de le commercialiser dans un avenir plus ou moins proche. Le moteur pourrait alors aider au lancement de centaines de mini-satellites et donc, contribuer à la mise en place de constellations du même type que celle du projet Starlink de SpaceX.

Ces petits satellites sont souvent déployés en constellation, c’est-à-dire en groupe coordonné avec des satellites placés sur des orbites synchronisées, ce qui leur permet une couverture du globe terrestre plus complète. Cela est utile pour diverses missions, comme le suivi de précision des cultures agricoles ou la fourniture d’accès Internet à haut débit. Comme tous les satellites lancés en même temps doivent ensuite rejoindre leur propre orbite, la propulsion embarquée devient un élément clé du spatial“, a déclaré Ane Aaneslan.

Rappelons enfin que la société ThrustMe est issue d’un laboratoire commun entre le CNRS et l’École polytechnique. Celle-ci a fait l’objet d’un soutien de l’incubateur Agoranov installé à Paris et spécialisé dans les sciences et les technologies. En 2017, ThrustMe levait 2 millions d’euros pour mener à bien ses projets et vient donc de faire un grand pas en avant avec ce récent lancement.