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Cette souris de l’extrême peut survivre à près de 7000 mètres d’altitude

Crédits : Marcial Quiroga-Carmona

Au cours d’une expédition récente menée dans les Andes, des chercheurs ont observé une petite souris évoluant au sommet d’un volcan, à 6739 mètres d’altitude. Jamais un mammifère n’avait été aperçu à ces hauteurs.

Le Llullaillaco est un volcan des Andes qui s’élève à 6739 mètres d’altitude. Sur place, les conditions sont extrêmes. Les températures peuvent descendre à -50 °C l’hiver et monter jusqu’à 32 °C sur certains rochers durant l’été. Les vents soufflent très fort et la pression atmosphérique est si basse qu’il y a ici moitié moins d’oxygène qu’au niveau de la mer. Bref, vous et moi ne pourrions pas tenir longtemps dans ces contrées même avec le meilleur équipement.

La petite souris à oreilles jaunes (Phyllotis xanthopygus), elle, ne voit pas du tout de quoi vous voulez parler.

Une souris à 6739 mètres d’altitude

Au cours de ces dernières années, plusieurs alpinistes ont rapporté avoir aperçu le petit rongeur à un plus de 6000 mètres. En 2013, le médecin urgentiste américain Matt Farson a même détaillé ses observations faites à environ 6 205 mètres d’altitude, un record à l’époque. Avant cette rencontre, un pika à grandes oreilles (Ochotona macrotis) avait en effet été observé à 6 120 mètres d’altitude, soit 85 mètres plus bas.

Dans un nouvel effort visant à examiner les limites physiologiques et environnementales de la vie animale, une équipe de biologistes s’est rendue dans les Andes le mois dernier. Dirigée par Jay Storz, de l’Université du Nebraska, et Guillermo D’Elía, de l’Université Austral du Chili, l’équipe a passé plusieurs semaines à étudier les souris à différentes altitudes. Elle a finalement réussi à observer et capturer un spécimen au sommet du volcan.

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Une souris à oreilles jaunes (Phyllotis xanthopygus). Crédits : Guillermo Feuerhake/Flickr

Un métabolisme et un régime qui interrogent

Les souris à oreilles jaunes sont en effet de très petits mammifères, ce qui signifie qu’elles devraient normalement perdre facilement de la chaleur. Pour certains chercheurs, ces animaux pourraient néanmoins s’être adaptés en ralentissant leur métabolisme musculaire et en développant un système cardiovasculaire spécialisé. La souris à oreilles jaunes semble également avoir beaucoup de tissu adipeux brun. Ce dernier assure la thermogenèse notamment chez les animaux hibernants.

Néanmoins, ces souris doivent également être capables de générer beaucoup de chaleur corporelle pour compenser les pertes. Et c’est justement ce qui déconcerte le plus les chercheurs. En effet, cela suggère que ces petits mammifères doivent avoir un appétit vorace pour gagner en énergie. Et si l’on met de côté le manque d’oxygène dans la région, il y a surtout très peu de nourriture à disposition.

À plus basse altitude, nous savons que ces rongeurs peuvent être herbivores, insectivores, granivores et frugivores.Cependant, à plus de 6 000 mètres, les plantes vertes sont incapables de pousser. Qui plus est, les biologistes rapportent n’avoir observé aucun insecte. Pour l’heure, son régime alimentaire à cette altitude reste donc un mystère. Les analyses du contenu intestinal du spécimen recueilli pourraient en revanche bientôt nous éclairer sur la question. En examinant l’animal, les chercheurs seront donc bientôt en mesure de comprendre la manière dont ces mammifères sont capables de survivre dans un milieu aussi inhospitalier.

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