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La phrénologie : Cette pseudoscience qui évalue l’intelligence à l’aide des formes du crâne

Crâne phrénologique / XIXe siècle (Crédit image : Université Claude Bernard Lyon 1)

La phrénologie n’est autre que l’étude vouée à déterminer le caractère et les capacités mentales d’une personne en fonction de la structure de son crâne. Apparue au début du XIXe siècle, cette pseudoscience adoptait une curieuse méthodologie.

Les formes du crâne permettent d’évaluer l’intelligence d’une personne. Cette hypothèse a été formulée par le médecin autrichien Franz-Joseph Gall (1758-1828) qui estimait en 1810 que pas moins de 26 « organes » étaient présents à la surface du cerveau et simplement détectables à l’observation. Selon l’intéressé, les organes que l’on utilisait grossissaient tandis que ceux que l’on négligeait rétrécissaient.

Ainsi, le crâne serait constitué de bosses et de creux incarnant des zones spécifiques du cerveau qui renseignerait sur les capacités intellectuelles d’une personne, mais également sur ses caractéristiques émotionnelles. Reprises plus tard par d’autres adeptes de la phrénologie (ou cranioscopie), ces théories visaient à diviser le crâne humain en zones portant chacune un nom spécifique. Si certaines appellations sont plutôt classiques en ce qui concerne le cerveau comme celle de la mémoire, d’autres sont plutôt farfelues. Quelques exemples : « présence d’esprit », « vol », « prudence », « meurtre », « amour conjugal », « secret » ou encore « suavité ».

(Crédit image : American Phrenological Journal)

Franz-Joseph Gall était tout de même allé jusqu’à fabriquer des centaines de bustes en plâtre obtenus après des moulages effectués sur des volontaires. Ces bustes étaient accompagnés d’études statistiques destinées à corréler les traits de caractère avec les formes du crâne.

Évidemment, les zones identifiées étaient choisies de façon totalement arbitraire, sans compter que des théories d’évaluations des facultés cérébrales basées sur les formes du crâne sont tout bonnement fabulatrices. C’est pour ces raisons que dès 1825, le médecin français François Magendie a qualifié la phrénologie de pseudoscience, une dénomination qui ne sera jamais remise en cause par la communauté scientifique.

(Crédit image : Dictionnaire Webster de 1895)

En 2014, un ouvrage évoque curieusement la possible apparition d’une science « post-phrénologique » du cerveau. Écrit par un certain Michael Anderson, After Phrenology : Neural Reuse and the Interactive Brain propose la réutilisation neuronale pour identifier les différentes zones du cerveau.

Sources : Le GénéralisteAgence Science PresseLes Sceptiques du Québec