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Cette présentation PowerPoint aurait causé la mort de 7 personnes !

Crédits : NASA / Wikipedia

Il y a pratiquement deux décennies, la dernière mission de la navette spatiale Columbia a été une véritable tragédie. En effet, tout son équipage a disparu avec l’engin qui s’est désintégré à son retour sur Terre. À qui la faute ? Il se pourrait bien qu’une présentation PowerPoint maladroite soit la cause de cette catastrophe.

Un incident survenu au décollage

La navette Columbia est la première navette spatiale étasunienne à avoir été dans l’espace, en avril 1981. La mission STS-107 qui a débuté le 16 janvier 2003 fut la 28e et dernière mission de cette navette. En effet, à la fin de ce vol, le 1er février 2003, l’engin s’est désintégré à son retour sur Terre, tuant les sept membres d’équipage.

La perte de la navette Colombia est le résultat de dégâts causés durant le lancement. En effet, un morceau de mousse isolante de la taille d’un petit porte-documents s’est détaché du réservoir externe de propergol. Ceci s’est produit en raison des forces aérodynamiques alors que la navette s’élevait à une vitesse de 2 523 km/h ! Le morceau de mousse a alors percuté l’aile gauche sur le bord d’attaque. Malheureusement, cela a endommagé le Thermal Protection System (TPS), autrement dit son boucler thermique. Or, ce dispositif a pour but de protéger la navette de la chaleur produite au moment de son entrée dans l’atmosphère.

La NASA induite en erreur

Durant cette mission STS-107, l’équipage a procédé à plus de 80 expériences dans le domaine de la biologie, de la recherche biomédicale et d’autres disciplines. Or, l’engin était en sécurité tant que ce dernier restait dans l’espace. Se posait alors naturellement la question des risques relatifs à son retour sur Terre. Afin d’obtenir des réponses, la NASA a consulté les ingénieurs de chez Boeing Corporation. Ces derniers ont présenté trois rapports à l’agence, pour un total de 28 diapositives.

Résultat, la NASA a estimé que les dégâts occasionnés ne représentaient aucun danger pour la vie des membres de l’équipage. Ainsi, la navette a suivi la procédure normale de retour dans l’atmosphère, avec la fin malheureuse que nous connaissons.

Dans un document publié sur sa page personnelle, l’expert en communication Edward Tufte de l’Université de Yale (États-Unis) a analysé les documents présentés à l’époque par les ingénieurs de Boeing. Il a notamment estimé que le titre de la présentation était trompeur et faussement rassurant.

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La navette Columbia sur son pas de tir. Crédits : NASA / Wikipedia

Une présentation mortelle

Selon Boeing, les tests antérieurs effectués sur l’aile gauche assuraient la résistance à un impact de mousse. Toutefois, cette présentation était basée sur une étude intégrant un morceau de mousse 600 fois plus petit que le morceau qui s’était détaché du réservoir de la navette Colombia ! Autre fait, la présentation affichait quatre points différents. En revanche, les auteurs n’ont fourni aucune explication quant à leur signification. Autrement dit, l’interprétation est laissée à l’appréciation du lecteur ! En effet, les diapositives contenaient pas moins de quatre à six niveaux de lecture créés avec des puces et des tirets.

De plus, la présentation affichait un nombre impressionnant de mots et de chiffres, avec de nombreuses imprécisions. Citons les deux mots « SOFI » et « rampe » qui signifient la même chose, c’est-à-dire la mousse. Souvent, des termes vagues ont été utilisés comme « significatif » (cinq fois) ou encore « suffisant » (une fois), et chaque fois orphelins de données quantifiables. Enfin, il est évident que les conditions des tests n’avaient pas grand-chose à voir avec l’incident qui s’était produit à bord de la navette Colombia. Or, ceci était seulement mentionné en petit et tout en bas de l’une des diapositives !