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Découverte d’une planète qui ne devrait plus être là

Crédits : Eso, L. Calçada

Une équipe d’astronome de la NASA annonce la découverte d’une planète qui semble défier les lois de la physique. Très proche de son étoile,  qui gonfle démesurément, l’exoplanète résiste et survit, malgré tout.

Que se passera-t-il sur Terre dans 15 milliards d’années ? Rien du tout. La Terre ne sera plus là depuis un moment, déjà. Pourquoi ? Le Soleil brille, car il brûle un combustible. Mais d’ici quelques milliards d’années, ce combustible viendra à manquer. Le Soleil puisera alors ses dernières forces dans l’enveloppe extérieure de son noyau, dans une couche proche de la surface du Soleil. Conséquence : les couches externes de notre Soleil se dilateront progressivement, faisant enfler considérablement notre étoile dont la taille sera multipliée par 200. Notre étoile deviendra alors une géante rouge, 10 000 fois plus lumineuse que le Soleil actuel. Son diamètre continuera d’enfler et englobera alors les premières planètes du système, Mercure et Vénus, qui seront désintégrées tandis que la Terre et probablement Mars seront définitivement brûlées. Après 12 milliards d’années d’existence, notre planète sera absorbée. Triste, mais tels sont les modèles théoriques. Théoriques, seulement.

En effet : Huit fois plus grosse que la Terre et cinquante fois plus massive, K2-39b intrigue. Découverte sur une orbite très proche d’une étoile sous-géante. Les astronomes sont étonnés qu’elle ait pu survivre à son étoile qui enfle, qui enfle, et qui enfle encore. Détectée par Kepler, K2-39b est la planète géante ayant la plus courte période orbitale connue autour d’une étoile de ce type. Il ne lui faut que 4,6 jours pour en faire le tour. Pour ses découvreurs, ce fut donc une surprise, car selon les scénarios d’évolution stellaire et planétaire, ce monde aurait dû être détruit par les puissantes forces de marée de son étoile.

© Vincent Van Eylen, Aarhus University
Crédits : Vincent Van Eylen, Aarhus University

« Autour de ces étoiles, très peu de planètes à courtes périodes sont connues, et il est spéculé que c’est peut-être parce qu’elles ne peuvent pas survivre si près d’aussi grandes étoiles. Cependant, le fait que nous ayons trouvé cette planète, très proche d’une étoile sous-géante, prouve qu’au moins quelques planètes peuvent y survivre » , indique Vincent Van Eylen, chercheur à l’université Aarhus, au Danemark, et principal auteur de cette étude.

Et la belle est coriace. Puisque selon les calculs prenant en compte l’évolution de K2-39 et le maintien de la planète sur son orbite, celle-ci pourrait encore tenir 150 millions d’années… avant d’être finalement broyée. En outre, l’équipe soupçonne la présence potentielle d’une seconde planète, à une distance plus éloignée de son étoile. D’autres mesures devront être faites, mais à terme, l’étude future de ces planètes, types K2-39b, permettra aux astronomes de mieux comprendre les scénarios de fin des systèmes planétaires.

Source : Futura-sciences