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Cette molécule semble permettre de perdre la graisse abdominale

Crédits : iStock

Une équipe de chercheurs annonce avoir identifié les mécanismes métaboliques permettant d’expliquer la façon dont l’activité physique contribue à la réduction de la graisse du ventre. Il semblerait qu’une molécule de signalisation appelée interleukine-6 joue un rôle important dans ce processus.

Nous sortons à peine de la période de fêtes, et beaucoup envisagent d’ores et déjà de se remettre au sport dès janvier. Il faut bien éliminer les quelques kilos accumulés. Mais quels sont réellement les mécanismes sous-jacents permettant de perdre la graisse du ventre ? Pendant 12 semaines, des participants ont été invités à faire des exercices à vélo. Comme prévu, les chercheurs ont mesuré au terme de l’étude une diminution de la graisse abdominale viscérale chez les sujets. Mais étonnamment, cet effet était inhibé chez les participants traités avec le tocilizumab, un médicament qui bloque la signalisation de l’interleukine-6 actuellement approuvé pour le traitement de la polyarthrite rhumatoïde.

« À notre connaissance, il s’agit de la première étude à montrer que l’IL-6 joue un rôle physiologique dans la régulation de la masse adipeuse viscérale chez l’Homme », a déclaré Anne-Sophie Wedell-Neergaard, de l’Université de Copenhague, au Danemark, et principale auteure de l’étude publiée dans Cell Metabolism.

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Une molécule de signalisation appelée interleukine-6 ​​jouerait un rôle critique dans le processus de perte de poids. Crédits : Pixnio

Si nous savions que l’activité physique réduit le tissu adipeux viscéral – qui entoure les organes internes de la cavité abdominale – les mécanismes n’étaient pas encore bien définis. Les chercheurs ont en revanche suspecté que l’interleukine-6 ​​pouvait jouer un rôle. La molécule est en effet connue pour réguler le métabolisme de l’énergie.

Pas de perte de poids pour les personnes traitées au tocilizumab

Pour en savoir davantage, 53 personnes en surpoids ont été réparties en quatre groupes. Certaines ont se sont vus administrer des perfusions intraveineuses de tocilizumab, et d’autres une solution saline toutes les quatre semaines. Toutes ces personnes ont ensuite été invitées à faire 45 minutes de vélo chaque semaine, et ce pendant 12 semaines. Des IRM ont ensuite permis d’évaluer la perte de tissu adipeux viscéral au début et à la fin de l’étude.

Résultat : les chercheurs ont observé chez les participants des groupes placebos une réduction de masse du tissu adipeux viscéral de 225 g en moyenne (8 % de plus par rapport à l’absence d’exercice). En revanche, aucune perte de masse du tissu adipeux n’a été observée chez les participants ayant reçu du tocilizumab. Des niveaux de “mauvais” cholestérol ont même été observés. En d’autres termes, le fait d’inhiber la molécule interleukine-6 avec le tocilizumab avait empêché les sujets de perdre de la graisse entourant leur organe.

Plus de recherches nécessaires

Si ces résultats permettent d’y voir plus clair, les chercheurs notent que l’interleukine-6 ​​peut en revanche avoir des effets opposés. Du moins en fonction du contexte. Par exemple, des niveaux élevés de la molécule ​​sont observés chez les patients atteints d’obésité grave, de diabète de type 2 et de maladie cardiovasculaire. Ainsi « l’interleukine-6 ​​peut agir différemment chez les personnes en bonne santé et les personnes souffrant d’obésité », note la chercheuse. Des études supplémentaires seront donc nécessaires pour mieux appréhender le rôle joué par cette molécule dans l’organisme.

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