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Quand le port d’un simple tampon hygiénique engendre l’amputation d’une jambe

Crédits : EME / Pixabay

Lauren Wasser, une mannequin, a été amputée d’une jambe à cause d’une infection engendrée par le port d’un tampon hygiénique. Elle raconte son histoire.

Le drame se passe en 2012. À 24 ans, Lauren Wasser est étudiante, dans une université réputée à Santa Monica, mais aussi mannequin. Un jour d’octobre 2012, elle déclare se sentir mal : elle a de la fièvre et des courbatures, symptômes qui l’obligent à rester chez elle et qui pourraient annoncer une grippe. La mère de Lauren, sans nouvelles, alerte la police qui débarque alors dans son appartement et la trouve inconsciente par terre.

Immédiatement conduite à l’hôpital, elle a 41 de fièvre, un début de crise cardiaque et ses organes internes menacent de lâcher. Les médecins ont du mal à comprendre ce qui lui arrive et à la stabiliser, jusqu’à ce qu’un spécialiste des infections demande si elle a un tampon : la réponse était oui. Après des analyses au laboratoire, ils concluent qu’il s’agit du syndrome du « choc toxique », provoqué par ce tampon porté trop longtemps et par ses composants synthétiques.

Les tampons hygiéniques : un danger bien réel

Ce syndrome désigne une affection qui est engendrée par la libération de toxines par une bactérie, le staphylocoque doré, qui se trouve généralement dans le nez ou dans le vagin. Cette affection peut être mortelle chez 5 à 15 % des patients. La Food and Drug administration oblige désormais les marques de tampons hygiéniques à ajouter une note d’avertissement sur les emballages et conseille également d’utiliser des tampons peu absorbants.

« La plupart des gros fabricants de tampons utilisent des mélanges de viscose et de coton, ou parfois juste de la viscoseDans les deux cas, ces tampons offrent les conditions physico-chimiques optimales pour le développement de la toxine TSST-1 – du moins, si la souche toxinogène est déjà présente dans la flore vaginale de la patiente », explique Philip M. Tierno, un professeur de microbiologie et pathologie de l’université de New York.

« C’est la douleur la plus atroce que j’ai jamais sentie — je ne saurais même pas vous la décrire », explique Lauren Wasser quand son infection s’est ensuite transformée en gangrène. L’amputation est malheureusement inévitable pour la jeune femme.

 

3 ans plus tard, son combat continue

Aujourd’hui, trois ans après avoir été amputée de sa jambe gauche, elle décide de médiatiser son histoire ainsi que la plainte qu’elle a portée contre le fabricant de la marque qu’elle utilisait à l’époque : Kotex Natural Balance. En effet, Lauren estime que les avertissements des fabricants ne sont pas suffisants.

Elle continue le mannequinat avec Jennifer Rovero, sa photographe et petite amie, pour sensibiliser le public au syndrome du choc toxique. Elle se bat également pour faire adopter le Robin Danielson Act, une proposition de loi qui permettrait au public d’avoir connaissance des composants des produits d’hygiène féminine et des risques qu’ils représentent, lesquels les organismes de recherche fédéraux devraient étudier.

Sources : Sciences et Avenir, France TV Info.