Dans le règne animal, les fourmis de différentes espèces se livrent une concurrence acharnée. Certaines imaginent des moyens astucieux et innovants afin d’assurer leur sécurité. Une espèce de fourmi bien connue a récemment fait l’objet d’une étude montrant la présence d’une sorte d’armure intégrant des biominéraux. Or, cette caractéristique rendrait cet insecte quasi imbattable !

Une couche biominérale recouvrant leur corps

Les fourmis coupeuses de feuille de l’espèce Acromyrmex echinatior de la sous-famille des Myrmicinae vit principalement en Amérique Centrale, dans des pays tels que le Costa Rica, le Mexique ou encore le Panama. Dans une étude publiée dans la revue Nature Communications le 24 novembre 2020, des chercheurs de l’Université du Wisconsin à Madison (États-Unis) ont mis en lumière une caractéristique encore inconnue de cette espèce jusqu’à présent.

Selon les scientifiques, l’étude concernait à l’origine la relation entre cette espèce de fourmis, un champignon ainsi que les bactéries productrices d’antibiotiques permettant de protéger leurs cultures. Néanmoins, l’équipe dit avoir remarqué chez les fourmis ouvrières les plus imposantes (les majors) la présence d’un revêtement blanchâtre et granuleux. Il s’agissait d’une couche biominérale se développant en parallèle de la croissance des fourmis.

Une armure efficace sur plusieurs plans

Recouvrant pratiquement tout le corps des fourmis, cette couche biominérale à haute teneur en magnésium n’est autre qu’un genre d’armure protectrice. Pour les chercheurs, celle-ci jouerait un rôle essentiel dans les guerres de territoire de ces fourmis face à une autre espèce amatrice de champignons : Atta cephalotes. En effet, sans cette armure, les Acromyrmex echinatior n’ont pratiquement aucune chance face à leurs adversaires. Au contraire, elles gagnent très souvent les batailles lorsque leurs fourmis majors sont « en armure ».

fourmis armure

Le revêtement blanchâtre et granuleux des Acromyrmex echinatior n’est autre qu’une armure protectrice !
Crédits : Université du Wisconsin à Madison / Nature Communications

« Les fourmis Acromyrmex echinatior les plus massives coupent et transportent les feuilles, tout en s’engageant dans des guerres de territoire avec d’autres fourmis, tandis que les plus petites s’occupent des cultures. Les colonies d’Atta cephalotes sont plus grandes, composées peut-être de millions de fourmis, avec jusqu’à sept tailles différentes d’ouvrières« , explique Cameron Currie, principal auteur de l’étude.

Toutefois, les scientifiques affirment que l’utilité de l’armure biominérale en question ne se limite pas qu’aux guerres de territoire. En effet, il s’agirait également d’une protection efficace contre les infections causées par un champignon pathogène : Metarhizium anisopliae. Ainsi, ce type d’infection ne se propage pas chez ces fourmis malgré la densité des colonies.