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Cette découverte scientifique permettrait à tout le monde de modifier l’ADN

Crédits : iStock

Les microbiologistes Emmanuelle Charpentier et Jennifer Doudna ont découvert la possibilité de modifier facilement de l’ADN. Appelé “CRISPR-Cas9”, cette sorte de scalpel biologique permettrait de découper facilement des morceaux d’ADN.

L’ADN à double hélice a été découvert en 1953, depuis les chercheurs ont tenté de trouver des manières de le modifier. L’équipe franco-américaine de microbiologistes menée par Emmanuelle Charpentier et Jennifer Doudna a mis au jour une manière de réparer l’ADN de manière très facile, tellement facile que tout le monde pourrait le faire. Grâce au CRISPR-Cas9, on peut découper un morceau de l’ADN et s’en débarrasser avec simplicité. Dans son interview avec Konbini, David Bikard (directeur du laboratoire de biologie de synthèse de l’Institut Pasteur) explique que cette technique permet de “copier-coller” l’ADN en le transformant ou en le corrigeant.

Cependant, même si cette découverte permettrait de corriger beaucoup de maladies qui se trouvent dans nos gènes, elle pourrait être mal utilisée. En effet, si tout le monde peut facilement pratiquer cette technique, des chercheurs à la déontologie douteuse pourraient, en théorie, introduire des malformations ou des mutations qui seront alors irréversibles. David Bikard affirme que déjà certains kits de CRISPR se trouvent sur internet à 160€, même s’il reste optimiste sur le fait que la découverte restera en laboratoire pendant les prochaines années. Malgré tout, le directeur du laboratoire de biologie de synthèse est conscient que la technique va devenir de plus en plus facile, permettant à tout le monde de pouvoir s’en servir.

Comment ce procédé fonctionne-t-il ? Les chercheurs prélèvent du sang et le placent dans une culture in vitro. En travaillant sur les cellules avec le CRISPR-Cas9, on peut réintroduire ces cellules modifiées chez l’individu, dans son sang. Cette technique pourrait faire, à terme, renaître des espèces disparues. Toutefois, lorsque les chercheurs travailleront sur les différentes maladies génétiques, il va falloir effectuer un très gros travail sur la définition et le type de ces maladies génétiques comme le précise David Bikard.

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