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Cet ours aura vécu l’enfer. Aujourd’hui sauvé, il vit pour la première fois au soleil

Crédits : Youtube / Four Paws

Enfermée et exploitée pendant 10 ans dans une ferme à bile, une ourse récemment sauvée par une ONG et amputée des pattes avant commence aujourd’hui une vie nouvelle dans un sanctuaire au Vietnam.

Sauvée en novembre par l’organisation mondiale du bien-être animal Four Paws, l’ourse noire asiatique Hai Chan profite aujourd’hui des rayons du soleil, des arbres et de l’herbe pour la première fois de sa vie. L’animal avait passé plus de 10 ans enfermé dans une cage, ponctionné quotidiennement pour en extraire la bile, une pratique horriblement cruelle et illégale dans de nombreuses parties du monde. En Chine, la bile est pourtant un ingrédient populaire dans la médecine traditionnelle. Son commerce est estimé à environ 2 milliards de dollars américains par an. On estime par ailleurs à 12 000 le nombre d’ours encore maintenus en captivité – malgré le fait que des alternatives sans cruauté sont facilement disponibles.

La bile est un liquide digestif produit dans le foie des ours et stocké dans leur vésicule biliaire. Pour la cultiver, les ours sont habituellement gardés dans de minuscules cages dans lesquelles ils ne peuvent pas se lever ou se retourner. Une fistule permet ensuite d’insérer un cathéter afin d’extraire la bile de la vésicule. Habituellement, ceux qui ponctionnent la substance n’ont aucune formation vétérinaire. Les ours sont généralement capturés dans la nature alors qu’ils ne sont que des oursons et leurs mères sont tuées par des braconniers. Ils sont ensuite maintenus à moitié affamés, déshydratés, parfois édentés à force de mâcher les barreaux de leurs cages.

Pour aggraver les choses comme dans le cas de Hai Chan, les pattes avant des ours sont parfois amputées pour faire du vin de patte d’ours, une boisson de luxe faite en submergeant le membre coupé dans de l’alcool. Lorsqu’elle a été sauvée, Hai Chan était dans un état misérable. En plus des pattes amputées, elle avait une hypertrophie des glandes surrénales, souffrait de malnutrition, de plaies douloureuses et de troubles du stress.

Les vétérinaires et gardiens du sanctuaire de Ninh Binh, au Vietnam, ont ainsi soigné la femelle pendant six semaines avant qu’elle ne soit assez forte pour s’aventurer à l’extérieur, mais toujours dans son enclos. « Au moment où les portes de l’enceinte se sont ouvertes et que Hai Chan a commencé à pointer le bout de son nez dehors, toute notre équipe était submergée d’émotion », se souvient la vétérinaire Szilvia Kalogeropoulu. « C’était la première fois que Hai Chan marchait sur l’herbe et, malgré ses deux pattes de devant manquantes, elle pouvait marcher sur ses pattes arrière et sur ses moignons avant. Nous avons toujours été confiants qu’elle marcherait et surmonterait son handicap, mais c’est un miracle qu’elle ait développé la force de le faire si vite ».

Pour l’heure la femelle s’adapte à son nouvel environnement et pourra bientôt socialiser avec d’autres ours.

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