Cet oiseau du Crétacé est l’un des plus anciens à bec édenté

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Crédits : Ville Sinkkonen

Des paléontologues ont récemment annoncé la découverte d’une nouvelle espèce d’oiseau énantiornithine baptisée Imparavis attenboroughi dans la riche avifaune de Jehol en Chine. Cette découverte révolutionnaire repousse l’origine supposée de l’édentement chez les énantiornithines d’environ 48 millions d’années.

Un oiseau sans dents il y a 120 millions d’années

Les oiseaux du groupe des énantiornithines avaient une articulation d’épaule qui présentait une configuration « opposée » par rapport à celle que l’on observe chez les oiseaux actuels. Chez les oiseaux modernes, l’articulation de l’épaule a en effet une configuration qui permet un mouvement plus limité, facilitant ainsi le vol. En revanche, chez les énantiornithines, cette articulation présentait une structure différente, ce qui suggère une plus grande flexibilité dans le mouvement des ailes.

Imparavis attenboroughi intégrait donc ce groupe d’oiseaux du Crétacé qui, comme d’autres, a disparu lors de l’extinction survenu il y a environ 66 millions d’années. Son squelette fossilisé a été trouvé par un collectionneur amateur de fossiles dans le nord-est de la Chine.

L’une des particularités du squelette était l’absence de dents. Jusqu’à présent, les scientifiques pensaient que l’édentement chez ces oiseaux remontait à environ 72 millions d’années, soit à la fin du Crétacé. Ici, la découverte de cette espèce repousse cette estimation de 48 à 50 millions d’années, indiquant que l’évolution ayant engendré l’édentement a eu lieu beaucoup plus tôt que prévu au sein de ce groupe.

En ce qui concerne son régime alimentaire, le bec d’Imparavis attenboroughi ne fournit pas d’indices clairs, car les oiseaux édentés modernes présentent une variété de régimes alimentaires. Cependant, l’absence de gésier, un organe digestif commun chez les oiseaux, suggère que ces énantiornithines étaient probablement arboricoles. En perdant ses dents, cette nouvelle espèce pourrait avoir développé un régime alimentaire unique par rapport à ses congénères.

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Le squelette fossile d’Imparavis attenboroughi et une reconstitution de l’oiseau. Crédits : Ville Sinkkonen / Wang et al ., doi : 10.1016/j.cretres.2024.105867.

Une grande puissance au niveau des ailes

Ce fossile présentait une autre particularité notable au niveau de ses membres antérieurs qui étaient pourvus d’une crête bicipitale imposante. Il s’agit d’une protubérance osseuse retrouvée au sommet de l’os du bras, là où les muscles se fixent. Sa présence suggère une adaptation anatomique unique qui évoque la possibilité d’une puissance musculaire accrue dans les ailes de cet oiseau du Crétacé.

« Nous envisageons potentiellement des battements d’ailes très forts« , note le paléontologue Alex Clark, faisant référence à des oiseaux modernes tels que les macareux, ou encore les faisans, qui sont capables de produire une puissance considérable afin d’effectuer des décollages rapides ou des vols à grande vitesse.

Notez enfin que Imparavis attenboroughi tire son nom du célèbre naturaliste Sir David Attenborough. Il s’agit d’une distinction honorifique pour son apport significatif à la compréhension de la paléontologie et de la biologie.

Les détails de l’étude sont publiés dans la revue Cretaceous Research.