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À 53 ans, ce garde-forestier sauve les petits crocodiles du Salvador

Crédits : skeeze / Pixabay

José Antonio Villeda est garde-forestier à la réserve naturelle de la Barra de Santiago depuis 17 ans. Mais, il y a 6 ans, il s’est lancé dans le sauvetage des bébés crocodiles menacés.

« La population de crocodiles n’augmentait plus, car avant 1980, ils étaient durement attaqués par les chasseurs intéressés par leur peau, à tel point qu’il n’en restait que cinq spécimens. À partir de 1990, nous avons commencé à surveiller leurs lieux de nidation », explique José Antonio Villeda, 53 ans, garde-forestier à la réserve naturelle de la Barra de Santiago, qui se situe à 110 kilomètres à l’ouest de San Salvador.

Sur les 26 000 habitants et les 350 résidences secondaires de la réserve, la majorité possédait des crocodiles empaillés en guise de trophées, tandis que d’autres, plus pauvres, cherchaient à manger leurs œufs. C’est ainsi que José Antonio s’est improvisé baby-sitter pour les bébés crocodiles. Il a compris leur mode de reproduction et les habitants ont pris l’habitude de lui apporter les œufs.

« Prendre soin d’un nid avec des œufs, c’est une grande responsabilité, car la température détermine le temps qu’il faut pour éclore, ce qui peut prendre jusqu’à 85 jours. Il faut être attentif aux cris qu’émettent les petits crocodiles, car ils ouvrent à peine la coquille et il faut les aider à sortir », explique-t-il. Une fois les bébés crocodiles sortis de leur coquille, José Antonio les nourrit grâce à du poisson acheté, en ouvrant lui-même leurs mâchoires : ils mangent ainsi pendant 2 mois avant de prendre leur envol dans le canal du Zapatero.

« Ce qui est gratifiant, c’est que nous avons retrouvé une vraie population de crocodiles : nous sommes passés de cinq à plus de 200 ». Maria Henriquez, garde-forestier, explique : « C’est assez émouvant, car on aide la nature à maintenir en vie ses espèces ».

L’ONG Unité écologique salvadorienne (Unes) a reconnu l’initiative de José Antonio Villeda et le considère même comme un « exemple à suivre »« Nous considérons que ce genre d’initiatives contribue à la conservation de notre écosystème côtier marin, en danger », déclare Gregorio Ramirez, représentant de l’ONG.

Source : AFP