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Cet atterrisseur lunaire japonais va-t-il marquer l’histoire ?

Hakuto-R ispace spacex
Vue d'artiste de l'atterrisseur Hakuto-R d'ispace sur la Lune. Crédits : ispace

Hakuto-R pourrait être le premier atterrisseur privé à se poser sur la Lune. La machine, qui transporte avec elle un petit rover développé par les Émirats arabes unis, sera lancée fin novembre par une fusée Falcon 9 de SpaceX.

Le privé à l’assaut de la Lune

Hakuto-R est un atterrisseur signé de la société japonaise ispace. Son lancement est prévu le 29 novembre prochain par une fusée Falcon 9 en tant que charge utile secondaire. Hakuto-R, qui doit se poser dans une plaine basaltique baptisée Lacus Somniorum, aux latitudes lunaires moyennes, emporte avec lui un petit rover nommé Rashid 1, développé par les Émirats arabes unis.

Avec une masse de seulement dix kilos, Rashid 1 sera le plus petit rover à atterrir sur la Lune. Équipé deux deux caméras, d’un imageur thermique, d’un imageur microscopique et d’un instrument pour étudier son environnement chargé électriquement, il ne sera actif que durant un seul jour lunaire (environ quatorze jours terrestres).

Le vaisseau d’ispace (qui intègre l’atterrisseur et le rover) empruntera une trajectoire à faible énergie plutôt qu’une approche directe. Le voyage sera donc plus long. A priori, l’atterrissage devrait avoir lieu en mars 2023.

Si tout se passe comme prévu, Hakuto-R pourrait être le premier atterrisseur privé à se posera sur la Lune. Cependant, deux autres machines prétendent également à ce titre. La société Intuitive Machines prévoit en effet de lancer son atterrisseur lunaire Nova-C en mars 2023, tandis que l’atterrisseur Peregrine, construit par la société Astrobotic, décollera au premier trimestre prochain. Ces deux entreprises opéreront pour le compte de la NASA.

À ce stade précoce, il est difficile de prédire lequel de ces trois atterrisseurs se posera en premier.  Rappelons par ailleurs qu’il est très compliqué d’atterrir en douceur sur la surface lunaire. À titre d’illustration, il y a trois ans, près de huit semaines après son lancement, la première mission privée visant à atterrir sur la Lune (l’atterrisseur Beresheet de l’entreprise israélienne SpaceIL) s’était écrasée au sol. Son moteur principal était tombé en panne pendant sa descente. A priori, SpaceIL tentera à nouveau sa chance en 2024.

Hakuto-R ispace spacex
Principales étapes du processus d’atterrissage d’Hakuto-R. Crédit : ispace

Un autre atterrisseur en très mauvaise posture

Il s’agira donc d’un vrai baptême du feu pour ispace qui vise à démontrer les capacités de son atterrisseur dans le but de signer d’autres contrats. À terme, l’entreprise aimerait aider à permettre un établissement humain sur la Lune.

Notez qu’en cas de succès de cette mission, Hakuto-R ne sera peut-être pas le premier atterrisseur japonais sur la Lune. Parmi ses nombreuses charges utiles, la mission lunaire Artemis 1 transportait en effet un petit atterrisseur de l’agence spatiale japonaise (JAXA) nommé OMOTENASHI. Malheureusement, le petit engin spatial paraît en très mauvaise posture. Au lendemain du décollage du SLS, le contact a en effet été perdu avec le CubeSat, dont les batteries ont été vidées à cause des différents retards de lancement de la fusée. Or, une perte de contact pourrait impliquer une perte de contrôle d’orientation.

Les chances de reprendre les communications avec l’appareil paraissent aujourd’hui très minces. Cependant, les équipes espèrent que le petit atterrisseur pourra encore se réorienter vers le Soleil pour charger à nouveau ses batteries. Une fois activé, il devrait commencé à émettre à nouveau des ondes radio, et pourquoi pas tenter un atterrissage au cours des prochaines semaines.

Brice Louvet

Rédigé par Brice Louvet

Brice est un journaliste passionné de sciences. Ses domaines favoris : l'espace et la paléontologie. Il collabore avec Sciencepost depuis près d'une décennie, partageant avec vous les nouvelles découvertes et les dossiers les plus intéressants.