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On sait maintenant qui de votre papa ou de votre maman vous a donné le plus de mutations

Crédit : peterjamesanthony / Pixabay

Vous avez été créée par la rencontre de deux gamètes détenant chacune l’information génétique d’un de vos parents. Le partage de ces informations vous a donné un nouveau génome, une carte d’identité unique de votre information génétique. Cette hérédité génétique serait malheureusement le lieu d’une injustice ! En effet, d’après un groupe de chercheurs islandais, votre père vous aurait transmis plus de mutations que votre mère, des mutations jugées d’autant plus nombreuses avec l’âge ! 

C’est la recherche de mutations spécifiques chez près de 14 688 Islandais qui a permis au scientifique Hakon Jonsson et son équipe d’obtenir de tels résultats ! Avec près de 70 nouvelles mutations pour 1 enfant considérées la plupart du temps comme inoffensives, certaines mutations sont parfois incriminées dans le développement de maladies plus ou moins nocives.

Ainsi, après avoir séquencé et comparé l’intégralité des génomes des enfants et des parents d’une même famille, ils se sont intéressés aux familles où les enfants avaient développé des maladies, mais dont les parents n’étaient pas porteurs. En recherchant l’origine des mutations responsables de ces maladies, ils se sont aperçus que 80 % de ces mutations avaient une origine paternelle ! Ils ont même réussi à corréler un nombre de mutations croissant avec l’âge des papas : plus ils seraient vieux, plus le taux de mutations serait important ! Cette étude s’affilie aussi à d’autres résultats démontrant que les papas d’un âge avancé seraient plus susceptibles d’avoir des enfants autistes ou schizophrènes.

Crédits : iStock

Ces résultats ont été mis en lien avec l’origine des gamètes masculine et féminine. Le sperme contient des milliers de spermatozoïdes nouvellement créés et qui proviennent d’une cellule mère appelée spermatogonie. Celle-ci se divise en spermatocytes qui se divisent eux-mêmes en spermatides pour ensuite donner des spermatozoïdes. Pour arriver à un spermatozoïde fonctionnel, cette cellule subit plusieurs divisions avec un risque croissant de créer de nouvelles mutations aux possibles conséquences désastreuses pour l’enfant. Du côté de la femme, l’ensemble des cellules sexuelles est déjà créé dès la naissance, l’âge influe donc beaucoup moins sur la création de nouvelles mutations au sein des gamètes.

Cette injustice héréditaire bien réelle, mais aux répercussions tout de même faibles, reste encore à l’étude. Les recherches continuent et nous en attendons les résultats avec impatience.

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