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Ces insectes piégés dans l’ambre depuis 99 millions d’années révèlent leurs couleurs d’origine

Crédits : Chenyang Cai et al., 2020

Une récente étude met en évidence des dizaines de fossiles d’ambre du Crétacé avec, à l’intérieur, des insectes affichant leurs couleurs d’origine.

Les fossiles nous offrent généralement une vision très “monochrome” du passé. Diverses techniques permettent néanmoins aux paléontologues d’estimer les couleurs développées par d’anciennes créatures.

Ce type d’étude est important car ces couleurs nous invitent à mieux appréhender les comportements de ces espèces disparues. Une couleur vive, par exemple, peut être développée pour attirer des compagnons ou repousser des prédateurs, tandis qu’une tendance au camouflage visera une approche contraire.

Cependant, dans de rares cas, il arrive que les chercheurs n’aient même pas besoin d’user de techniques pour appréhender ces couleurs, celles-ci ayant été préservées.

Un trésor de fossiles

Récemment, une équipe de l’Institut de géologie et de paléontologie de Nanjing, de l’Académie chinoise des sciences (NIGPAS), a eu la chance de pouvoir étudier 35 échantillons d’ambre individuels. Chacun piégeait à l’intérieur un ou plusieurs insectes du Crétacé.

Cette ambre, constituée de résine produite par d’anciens conifères il y a 99 millions d’années, a été recueillie au nord du Myanmar (Birmanie), qui abrite l’un des plus importants gisements du monde.

Les insectes piégés à l’intérieur ont ici conservé leurs couleurs dites “structurelles”, produites par des interférences de nano-structures qui diffusent la lumière. Elles s’opposent, en quelques sorte, aux couleurs plus ordinaires, produites par l’absorption d’une partie du rayonnement électromagnétique.

Une préparation minutieuse

Dans le but de pouvoir apprécier ces couleurs, les chercheurs ont dû polir les pierres d’ambre en utilisant différentes qualités de papier de verre et de la poudre de diatomite. De cette manière, ils ont pu se rapprocher le plus possible des fossiles sans les endommager.

Parmi ces vestiges figuraient notamment des fossiles d’anciens insectes appartenant à la famille des Chrysididae, de l’ordre des hyménoptères. On les appelle aussi “guêpes-coucou”.

Ces insectes sont de nos jours très colorés avec des reflets métalliques tirant sur le vert et le bleu. Et comme vous pouvez le constater ci-dessous, c’était aussi déjà le cas au temps des dinosaures.

Notez que les images ci-dessous ont été modifiées grâce à un logiciel Photoshop, mais uniquement de manière à régler la luminosité et le contraste.

fossiles insectes
À gauche, les fossiles tels qu’ils sont apparus après préparation. À droite les mêmes fossiles tels qu’ils apparaissaient avant préparation. Crédits : Chenyang Cai et al., 2020

Les guêpes-coucou existantes sont des parasites qui pondent leurs œufs dans les nids d’abeilles et de guêpes non apparentées. Il a été démontré que leur coloration permettait à ces insectes de se camoufler, passant finalement inaperçus auprès de leurs “logeurs”.

Si l’on part du principe que leurs parents du Crétacé affichaient les mêmes couleurs, nous pourrions donc imaginer que ces insectes avaient eux aussi évolué pour se camoufler sans peine.

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