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Ces entreprises qui “participent” au scandale des prélèvements d’organes en Chine

Crédits : vitalworks/Pixabay

Un nouveau rapport accuse des sociétés médicales et pharmaceutiques occidentales d’être complices du scandale des transplantations d’organes en Chine.

Quelques semaines après avoir été emprisonné pour avoir pratiqué la discipline spirituelle du Falun Gong, Han Junqing, originaire de Pékin, est décédé en prison. Sa famille a alors eu le droit de lui dire au revoir une dernière fois à la morgue. Mais en observant son corps, sa fille s’est rendu compte qu’il avait été ouvert sans autorisation.

« Il y avait des points de suture au niveau de la gorge. (…) L’incision se prolongeait jusqu’à ce qu’elle soit recouverte par les vêtements », avait-elle expliqué au Nations Unies en septembre dernier. En déboutonnant les vêtements du défunt, la famille s’est alors rendu compte que la cicatrice se prolongeait jusqu’à l’abdomen. « Quand nous avons pressé le ventre, nous avons découvert qu’il était bourré de glace dure ». Les organes de cet homme avaient en fait été prélevés.

Cette histoire, relayée par Quartz, s’est déroulée en 2004. À l’époque, la Chine avait pour habitude de prélever des organes sur les prisonniers. Dès 2015, l’État chinois avait déclaré qu’il cesserait ces pratiques, mais tout porte aujourd’hui à croire que ces opérations sont toujours en cours.

Un rapport publié en juin dernier avait en effet conclu qu’il était « certain, à l’unanimité et au-delà de tout doute raisonnable » que la Chine procédait au prélèvement forcé d’organes des prisonniers « à une échelle significative ».

Des entreprises “complices”

Ce commerce rapporterait à la Chine plus de 120 milliards de yen par an (près d’un milliard d’euros). Ce que suggère ce nouveau rapport, signé de l’Institut de recherche sur les crimes du communisme, c’est que des sociétés occidentales participent à ce commerce.

Car si la Chine prélève effectivement des organes sur des prisonniers, elle ne peut en revanche pas le faire “toute seule”. Le système de transplantation chinois dépend effectivement de l’importation de dispositifs permettant la conservation des organes, ou de médicaments immunosuppresseurs.

Les sociétés Pfizer (États-Unis) et Roche (Suisse) seraient notamment concernées. « Le rapport présente des preuves irréfutables que plusieurs sociétés multinationales sont complices d’abus de transplantation en Chine, où des prisonniers d’opinion sont tués pour leurs organes, explique David Matas, avocat international spécialiste des droits de l’Homme. Cette complicité viole les directives de l’Organisation de coopération et de développement économiques pour les entreprises multinationales ».

« Ces entreprises sont dans une position très puissante car l’industrie chinoise des transplantations vacillerait sans elles. Il est impératif qu’elles se retirent immédiatement pour aider à sauver des innocents qui sont tués pour leurs organes », ajoute Susie Hughes, directrice exécutive de la Coalition internationale pour mettre fin aux abus des transplantations en Chine (ETAC).

chine organes
Crédits : sasint/Pixabay

Mettre fin au tourisme de transplantation

Le rapport pointe également le problème du “tourisme de transplantation” organisé. Si certaines personnes se tournent d’elles-mêmes vers l’industrie chinoise, certains établissements semblent également participer à ces échanges. Il peut s’agir de courtiers, d’hôpitaux ou d’entreprises privées.

À titre d’exemple, au moins 97 patients aux États-Unis se seraient retirés des listes d’attente dans le but de se rendre en Chine pour une greffe entre 2000 et 2006.

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