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Ces chercheurs promettent une batterie au chlore à l’efficacité inédite

Crédits : SergeyKlopotov / iStock

Les piles Li-SOCl2 sont connues pour leur endurance, leur capacité, leur faible taux de décharge, mais aussi pour leur principal point faible : elles ne se rechargent pas. Il y a peu, des scientifiques américains ont justement déclaré avoir trouvé une solution pour les recharger.

 La chimie du chlore n’est pas assez stable

Les piles au lithium-chlorure de thionyle (Li-SOCl2) sont disponibles dans le commerce. Très endurantes, elles ont aussi une grande capacité et un très faible taux de décharge par rapport aux batteries li-on. Habituellement, nous les retrouvons dans le secteur de l’industrie, plus précisément dans l’équipement d’applications de long terme. Malheureusement, ces piles n’ont pas été conçues pour se recharger, un comble à l’heure où l’impact écologique des appareils est au cœur de toutes les préoccupations.

Il faut dire que la chimie du chlore manque cruellement de stabilité pour permettre les cycles de charge (et de décharge). Or, le chlorure de lithium (ou de sodium) est transformé en chlore, une substance dont la réactivité est trop élevée pour revenir à son état de base. Ainsi, les piles Li-SOCl2 font face à des limites qui en théorie, n’en font pas vraiment un produit d’avenir.

Pourtant, ces limites pourraient tomber, comme l’expliquent des chercheurs de l’Université de Stanford (États-Unis) dans leur étude parue dans la revue Nature le 25 août 2021. L’équipe de scientifiques expérimente actuellement un moyen de stabiliser la chimie du chlore et ainsi permettre la recharge des piles Li-SOCl2.

Des promesses surprenantes

Cette solution se base sur une électrode inédite, faite de carbone poreux. Or, ce carbone absorbe les molécules erratiques de chlore et les stocke en toute sécurité. Le but ? Transformer à nouveau ces molécules en sodium. Évidemment, le projet n’en est qu’à ses balbutiements, mais les promesses sont grandes. D’ores et déjà, la batterie sur laquelle travaillent les chercheurs permet 200 cycles de charge et de décharge. Or, il est question de progrès constants, malgré le fait que nous soyons encore très loin des 500 à 1 000 cycles permis par les batteries li-on classiques.

pile recharge experimentation Stanford
Crédits : Université de Stanford

Dans un communiqué, les chercheurs affirment que la batterie Li-SOCl2 en question offrira une densité énergétique de 1 200 mAh par gramme au moment de la recharge. Or, cette valeur est surprenante et donne l’espoir de multiplier par six la norme des batteries habituelles équipant actuellement la plupart de nos appareils du quotidien.

Évidemment, le chemin reste encore très long. Passer d’une simple expérimentation à une production à grande échelle nécessite généralement plusieurs années. En attendant, les personnes possédant un smartphone peuvent se prendre à rêver d’un futur où tout le monde pourrait recharger son appareil seulement une fois par semaine.

Yohan Demeure

Rédigé par Yohan Demeure

Licencié en géographie, j’aime intégrer dans mes recherches une dimension humaine. Passionné par l’Asie, les voyages, le cinéma et la musique, j’espère attirer votre attention sur des sujets intéressants.