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Des « micro-excitations » réveillent le cerveau une centaine de fois chaque nuit

Crédits : Palmihelp / iStock

Selon une étude, le cerveau humain passe par de brefs épisodes d’éveil même durant les phases de sommeil profond. Il s’agit ici de microréveils trop courts pour que l’on s’en rappelle, mais dont les effets sont bénéfiques, notamment pour la mémoire.

Une hormone proche de l’adrénaline

L’étude publiée dans la revue Nature Neuroscience le 7 juillet 2022 et dirigée par la neurologue Celia Kjaerb de l’Université de Copenhague (Danemark) n’évoque pas le phénomène d’insomnie, mais bien celui des microréveils survenant de nombreuses fois chaque nuit. Ils sont causés par la noradrénaline, une hormone adrénergique proche de l’adrénaline agissant également tel un neurotransmetteur qui génère des micro-excitations.

Celia Kjaerb dit avoir découvert que même dans le cadre d’un sommeil normal, notre cerveau se réveille plus d’une centaine de fois chaque nuit. Or, il faut savoir que le niveau de noradrénaline dans le corps est soumis à une ondulation, augmentant et baissant toutes les trente secondes. On parle alors d’amplitude oscillatoire. Lorsque la noradrénaline est très présente, le cerveau est brièvement réveillé et quand l’hormone est au plus bas, le cerveau est au contraire endormi.

Dans le cadre de leurs recherches, les scientifiques ont utilisé des souris. Ils ont inséré des capteurs dans le cerveau des rongeurs ainsi que de la fibre optique microscopique. Cet équipement a permis de mesurer précisément et de manière continue leur activité cérébrale. Ainsi, les microréveils sont si courts que le sujet ne peut s’en souvenir. Pourtant, il s’agit bien d’une sorte de réveil selon la science, bien que l’individu en sommeil ne se réveille pas vraiment à chaque fois.

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Crédits : Capuski / iStock

Une « super mémoire »

Selon les scientifiques, les microréveils interviennent la plupart du temps lorsque les dormeurs se trouvent dans une phase de sommeil en lien avec la mémoire. Outre le nombre de microréveils chaque nuit, les scientifiques ont constaté que les souris ayant le plus de micro-excitations sont celles ayant de meilleures capacités de mémorisation. Avant de dormir, les rongeurs ont en effet observé deux objets différents. Au réveil, un des objets a été remplacé et les souris ayant les plus hauts taux de noradrénaline ont été davantage susceptibles d’étudier le nouvel objet. Cela prouve que ces souris se souvenaient de l’objet déjà présent avant le sommeil.

Selon les chercheurs, les souris en question ont ainsi développé une « super mémoire ». Or, il se pourrait bien que la dynamique de la noradrénaline renforce les processus du sommeil, ce dernier affectant la mémoire des rongeurs, mais également des autres mammifères, dont les humains.