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Certains seniors ayant une bonne mémoire ont des « super neurones »

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Crédits : Ridofranz / iStock

Une récente étude montre que les personnes âgées ayant une très bonne mémoire ont des neurones dont la particularité est d’être beaucoup plus gros. Ceci pourrait expliquer comment ces personnes se trouvent capables de garder une mémoire performante malgré l’âge.

Bonne mémoire, neurones plus gros

La perte de mémoire est souvent liée à la vieillesse, mais force est de constater que ce n’est pas le cas de toutes les personnes âgées. Certains de ces individus sont des « SuperAgers », un terme anglais qualifiant des personnes âgées dont la mémoire est plus performante que celle de jeunes de 20 à 30 ans. Afin de mieux comprendre ce curieux phénomène, des chercheurs de l’école de médecine de l’Université NorthWestern (États-Unis) ont mené une étude publiée dans le Journal of Neuroscience le 30 septembre 2022.

Dans le cadre de ces recherches, les neurologues ont « recruté » 13 personnes décédées aux États-Unis, à l’âge de 80 ans ou plus. La moitié de ces personnes avaient une mémoire exceptionnelle et l’autre moitié une mémoire dite dans la moyenne. L’objectif ? Observer leur cerveau. Par ailleurs, les neurologues ont également observé les cerveaux de six personnes jeunes (20 à 30 ans) et cinq autres concernés par les premiers stades de la maladie d’Alzheimer.

La zone du cerveau étudiée n’est autre que le cortex entorhinal, responsable de la mémoire. Or, dans cette structure se trouvent des neurones significativement plus gros chez les SuperAgers que chez tous les autres. Dans leur étude, les scientifiques expliquent également avoir remarqué l’absence d’enchevêtrements de protéines Tau chez les SuperAgers, ceux-ci jouant habituellement un rôle dans la maladie d’Alzheimer.

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Crédits : K_E_N / iStock

Une signature biologique spécifique

Selon Tamar Gefen, principal auteur de l’étude, les SuperAgers ont montré des neurones plus gros et plus sains que ceux de leurs pairs plus jeunes. L’explication se trouve peut-être dans le maintien structurel de grandes cellules présentes dès la naissance. Ainsi, les neurones plus gros seraient une « signature biologique de la trajectoire SuperAging ».

L’intéressé évoque également la maladie d’Alzheimer puisque l’étude montre que le rétrécissement neuronal (ou atrophie) dans le cortex entorhinal peut être un marqueur caractéristique. Il faut dire que les populations cellulaires du cortex entorhinal sont vulnérables aux enchevêtrements de protéines tau avec l’âge et lors des premiers stades de la maladie.

Toutefois, les raisons de ce phénomène restent encore inconnues. Ainsi, de plus amples recherches devront être menées afin d’en savoir davantage sur les raisons permettant aux SuperAgers de bénéficier de cette intégrité neuronale.