in

Certains dinosaures avaient des problèmes de “poux”

Crédits : Taiping Gao

Des paléontologues ont découvert une nouvelle espèce de parasites ressemblant à des poux nichés dans des plumes de dinosaures. Les détails de l’étude sont publiés dans la revue Nature Communication.

De nos jours, les poux broyeurs vivent principalement sur les oiseaux. Généralement nichés là où le bec ne peut pas les atteindre (sous le cloaque, sous les ailes ou au niveau du cou), ces parasites se nourrissent principalement de débris d’épiderme et de plumes. Ces agressions provoquent des irritations et parfois même des petites croûtes. Cependant, ce phénomène n’est pas nouveau. Selon une étude récente, même les dinosaures à plumes avaient des “poux”.

Deux plumes vieilles de 100 millions d’années

Des chercheurs de l’Université Capital Normal de Pékin et du Musée national d’histoire naturelle de Washington annoncent en effet avoir découvert dix nymphes d’insectes conservées sur deux plumes de dinosaures. Ces vestiges ont été retrouvés au Myanmar, coincés dans deux morceaux d’ambre vieux d’environ cent millions d’années.

Ce n’est pas la première fois que des parasites vivants sur des dinosaures sont décrits. Une étude publiée en 2017 avait en effet détaillé la découverte d’une tique qui suçait le sang de ces reptiles. En revanche, des parasites mangeurs de plumes datant de cette époque n’avaient jamais été retrouvés.

Un parasite aux allures très modernes

Cette espèce, baptisée Mesophthirus engeli, ressemble beaucoup à nos “poux” modernes. Les chercheurs ont en effet relevé un certain nombre de caractéristiques communes, y compris un “petit corps sans ailes“, une tête avec “de puissantes pièces buccales” ainsi que “des antennes courtes et épaisses recouvertes de petits poils“.

Ces deux plumes de dinosaure, pour nous faire à l’échelle, ne mesurent que 12,7 mm et 13,6 mm de longueur. On ne sait pas exactement à quelles espèces elles appartenaient, mais les chercheurs soupçonnent qu’il s’agissait de théropodes non-aviens. De leur côté, les petits insectes ne dépassent pas les 0,23 mm de long.

poux dinosaures
Mesophthirus engeli se nourrissait de plumes de dinosaures il y a 100 millions d’années. Crédits : Taiping Gao

C’est l’une des deux plumes, endommagée, qui laisse aux chercheurs à penser qu’elle a été mâchée par un ou plusieurs de ces parasites. Cette découverte est donc aujourd’hui considérée comme la plus ancienne preuve de mastication de plumes dans les archives. Jusqu’à ce jour, le plus ancien fossile de pou d’oiseau datait de 44 millions d’années. Il avait été retrouvé en Allemagne.

La découverte est inédite, mais elle n’est finalement pas si étonnante. En effet, c’est au milieu du Crétacé que de nombreuses espèces d’oiseaux et de dinosaures ont véritablement commencé à développer des plumes. Ces parasites ont alors profité de ces nouvelles opportunités, au grand dam des animaux.

Articles liés :

Au temps des dinosaures, les serpents avaient des pattes arrière

Dinosaures : le jour où tout a basculé

Certains dinosaures ont évolué de l’autre côté de la galaxie