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Certaines tumeurs cancéreuses sont remplies de champignons

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Crédits : iStock

Des chercheurs ont identifié de l’ADN fongique à l’intérieur de tumeurs associées à plusieurs types de cancers. Cependant, on ignore encore si ces champignons jouent un rôle ou non dans le développement ou la progression de ces maladies.

Les scientifiques ont conscience que les bactéries et autres organismes microscopiques vivent régulièrement sur ou à l’intérieur de notre corps depuis le XIXe siècle. Malgré tout, ce n’est qu’au cours de ces dernières décennies que nous avons commencé à apprécier l’importance de ces communautés microbiennes pour notre santé. Désormais, des chercheurs s’intéressent également aux microbiotes présents dans les tumeurs cancéreuses.

Une grande partie des premières recherches se concentrent sur les bactéries, mais certaines se focalisent sur les champignons, en témoignent ces deux nouveaux articles.

Dans le cadre de la première étude, une équipe dirigée par Ravid Straussman, de l’Institut Weizmann des sciences de Rehovot, en Israël, a isolé les empreintes génétiques de champignons dans trente-cinq types de cancers différents en examinant plus de 17 000 échantillons de tissus, de sang et de plasma. Notez que tous les échantillons de tissus tumoraux n’ont pas été testés positifs, mais globalement, l’équipe a identifié de l’ADN fongique dans tous les types de cancers évalués. Les chercheurs ont également noté que chaque type de cancer avait tendance à être associé à sa propre collection unique d’espèces fongiques.

Dans le cadre de la deuxième étude, dirigée par Iliyan Iliev, de la Weill Cornell Medicine (New York), les chercheurs ont souligné des résultats similaires, mais en se concentrant uniquement sur les tumeurs gastro-intestinales, pulmonaires et mammaires. Chacun de ces trois types de cancers avait tendance à héberger les genres fongiques Candida, Blastomyces et Malassezia, respectivement.

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Illustration d’une cellule cancéreuse. Crédits : iStock

Un rôle encore indéterminé

Pour les deux études, les chercheurs estiment que certaines tumeurs contiennent une cellule fongique pour 1 000 à 10 000 cellules cancéreuses. Cela pourrait paraître peu, mais considérez qu’une petite tumeur peut être chargée d’environ un milliard de cellules cancéreuses.

Dès lors, nous pourrions imaginer que la présence d’autant de champignons pourrait avoir un effet important sur la biologie du cancer. Pour l’heure, cette question est encore ouverte, mais certains indices laissent à penser que la croissance de certains champignons pourrait être liée à une aggravation des résultats.

Dans la première étude, les chercheurs ont par exemple découvert que les patientes atteintes d’un cancer du sein avec le champignon Malassezia globosa dans leurs tumeurs présentaient des taux de survie inférieurs à celles dont les tumeurs n’avaient pas le champignon. Dans la deuxième étude, les patients dont les tumeurs gastro-intestinales étaient remplies de champignons du genre Candida présentaient également une activité génique accrue liée à une inflammation endémique, à la propagation du cancer et à de faibles taux de survie.

Malgré tout, ces résultats ne montrent qu’une corrélation et non une relation directe de cause à effet. Ces études serviront sans doute de tremplin pour de futures recherches sur les communautés de microbes associées aux cancers. De quoi permettre une meilleure compréhension de la biologie complexe de ces maladies et, peut-être un jour, le développement de traitements améliorés.