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Certaines lucioles utiliseraient une « armure sonore » pour se protéger des chauve-souris !

Crédits : @yb_woodstock / Flickr

Une étude a récemment évoqué une hypothèse étonnante. Plusieurs espèces de lucioles génèrent des clics ultrasoniques en bougeant simplement leurs ailes. Selon les scientifiques, ceci aurait pour but de se protéger de certains prédateurs comme les chauves-souris.

Fuir les prédateurs grâce au son

Il existe plus de 2 000 espèces de lucioles dans le monde. En 2020, une étude internationale estimait que toutes ces espèces sont en danger. Celles-ci font face à une perte de leur habitat, la hausse des pesticides et des engrais que l’on utilise dans l’agriculture, ou encore la pollution lumineuse. Les lucioles sont connues pour leur capacité à émettre de la lumière. Il s’agit de signaux essentiels dans la communication de ces insectes, par ailleurs émis par bioluminescence. La plupart du temps, ces signaux servent à attirer leur partenaire amoureux. Toutefois, ils pourraient également avoir une tout autre utilité.

Selon une étude publiée par iScience le 15 février 2021, il seraient également question d’éloigner les prédateurs. Néanmoins, l’efficacité de ce genre de lumière sur les prédateurs ne serait pas très efficace. Les chercheurs de l’Université de Tel-Aviv (Israël) disent avoir découvert un second type de signal : un genre d’armure sonore. Le but est d’échapper plus facilement aux mammifères volants tels que les chauves-souris.

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Crédits : Diana Radicchi/ iStock

Des clics destinés aux chauves-souris

À l’origine, les chercheurs travaillaient sur l’écholocation des chauves-souris. Avec leurs micros, ils ont capté des sons inhabituels à des fréquences similaires à celles des sons des chauves-souris, sauf que ceux-ci provenaient des lucioles. Les scientifiques ont donc décidé de mener l’enquête en étudiant trois espèces des genres Curtos, Luciola et Sclerotia (Vietnam) et une du genre Lampyroidea (Israël). Or, toutes ces espèces émettent des clics ultrasoniques dont la fréquence se trouve entre 20 et 130 kHz.

Selon les meneurs de l’étude, les clics ont un rythme similaire à celui des ailes des lucioles. Il est donc fort possible que ces mêmes ailes les produisent. Par ailleurs, les fréquences mesurées ne correspondent pas à ce que les lucioles sont capables d’entendre. Ainsi, ces clics sont destinés à d’autres animaux comme les chauves-souris. Or, s’avère que les fréquences correspondant à une gamme que la plupart de ces mammifères peuvent entendre.

Pour les chercheurs, cette capacité des lucioles est similaire à celle de certains papillons de nuit. Ceux-ci signalent leur nocivité par des clics ultrasoniques. Il s’agit là de signaux aposématiques, autrement dit des signaux d’avertissement. La prochaine étape pour les scientifiques sera de tenter de comprendre les effets potentiels de ces clics sur les prédateurs.