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Certaines espèces de fourmis ont adopté l’alimentation (et la malbouffe) humaine

Crédits : Virvoreanu-Laurentiu / Pixabay

En se focalisant sur les fourmis qui vivent à New York, des chercheurs de l’Université d’État de Caroline du Nord ont cherché à savoir si les espèces urbaines sont impactées par l’évolution de l’alimentation des humains. Il est révélé que pour certaines espèces, c’est le cas, et ce même s’il s’agit de malbouffe.

L’étude, menée par des chercheurs de l’Université d’État de Caroline du Nord a fait l’objet d’une publication dans la revue Proceedings of the Royal Society, et s’est intéressée au régime alimentaire des fourmis qui peuplent New York et à leur dépendance à l’évolution de l’alimentation des hommes.

En étudiant au total 100 fourmis collectées dans Manhattan, déclinées en 21 espèces différentes et issues de sites divers, ils se sont penchés sur les isotopes stables du carbone pour déterminer la provenance de celui qui est présent dans leurs organismes. L’étude a révélé que pour certaines des espèces étudiées, la signature carbone était associée à une alimentation transformée et consommée par les humains. Une des espèces, la Tetramorium caespitum, a les niveaux de carbone 13 très proches de ceux contenus dans notre alimentation.

D’autres espèces n’ont cependant pas adopté ce régime alimentaire, alors qu’elles vivent aussi dans un milieu urbanisé. C’est le cas pour la Lasius emarginatus, dont l’analyse isotopique n’a montré rien de semblable à ce régime transformé humain, elle qui préfère se calfeutrer dans des nids souterrains ou sur des arbres, là où les espèces ayant adopté le régime humain cherchent à entrer dans les habitations.

Il apparaît donc que certaines espèces adoptent les modifications des ressources humaines, ce qui pourrait notamment expliquer leur population toujours plus croissante à proximité de l’homme. « Les aliments humains représentent clairement une portion significative de l’alimentation des espèces urbaines. Ce sont les fourmis qui mangent nos déchets, et ceci pourrait expliquer pourquoi les fourmis des rues sont capables d’atteindre d’aussi larges populations en ville« , déclare Clint Penick, principal auteur de cette étude, « Nous voulions en apprendre plus sur la raison pour laquelle certaines espèces de fourmis sont capables de vivre à nos côtés, sur les trottoirs ou dans les bâtiments, alors que d’autres restent en périphérie du développement humain. Ceci pourrait aussi nous aider à déterminer quelles espèces sont plus actives pour nettoyer nos ordures« .

Sources : rspb, futurasciences