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Des centrales nucléaires flottantes résistantes aux catastrophes naturelles

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Crédits : slightly_different / Pixabay

Si des recherches américaines ont déjà abouti sur des projets de centrales nucléaires flottantes, les Japonais seraient bien demandeurs d’installations reprenant ce principe dans le but de limiter les risques lors de catastrophes naturelles impliquant des enjeux matériels et humains. La Russie développe déjà des projets de centrales flottantes autour de la mer Baltique et l’Arctique alors qu’inquiétude et enthousiasme entourent ce nouvel engouement.

« Après Fukushima, il est possible que les centrales nucléaires d’importance moindre soient mieux accueillies par la population que des installations qui pourraient engendrer des catastrophes d’importance majeure. La question est de savoir s’il vaut mieux avoir une multitude de petites centrales sur le globe ou de gros réacteurs localisés dans les endroits les plus peuplés. Ce sera probablement aux pays en voie de développement de décider et d’orienter le marché.

Plusieurs régions en Russie ont déjà été sélectionnées pour accueillir des centrales nucléaires flottantes, certaines pour l’alimentation d’infrastructures minières, gazières ou pétrolières, d’autres pour alimenter en énergie des villes ou des régions reculées, d’autres encore pour alimenter des bases militaires ou des bases de lancement de missiles. » Centre Français d’Information sur l’Intelligence Économique et Stratégique, 2012.

Comment construire une centrale nucléaire qui soit invulnérable aux tsunamis ?

Il semble que l’interruption du refroidissement des réacteurs de la centrale de Fukushima n’ait pas été directement causée par le tremblement de terre ni par le tsunami. Le MIT et les universités du Wisconsin et de Chicago ont développé un concept de centrale flottante localisée en mer, installée à la façon d’une plate-forme pétrolière. Présenté au Small Modular Reactors Symposium (Washington DC 15-17 avril 2014), un événement organisé par l’ASME (American Society of Mechanical Engineers), ce projet a été reconnu pour sa potentielle résilience aux phénomènes naturels.

« La résilience est la capacité d’un système à résister ou à changer afin de maintenir un niveau acceptable de fonctionnement et de structure. » United Nations Inter-Agency Secretariat of the International Strategy for Disaster Reduction, 2004.

En effet, située à 10 km des côtes puis ancrée dans une zone d’une centaine de mètres de profondeur la centrale ne serait pas affectée par un tremblement de terre ou un raz-de-marée, et serait refroidie directement par l’eau de mer. Elle serait parée à une éventuelle fusion des crayons de combustible à l’intérieur du cœur des réacteurs.

Deux technologies devraient être utilisées : les réacteurs à eau légère (REL) et les plateformes pétrolières modernes. Les réacteurs à eau légère sont plus simples et financièrement plus abordables que les réacteurs à eau lourde, et ils possèdent les mêmes capacités de production d’électricité. L’un des inconvénients des réacteurs à eau légère est qu’ils doivent utiliser de l’uranium enrichi comme combustible, tandis que les réacteurs à eau lourde peuvent utiliser de l’uranium naturel.

L’électricité générée serait transférée vers la terre par des câbles sous-marins. La centrale nucléaire serait relativement proche des habitations sans pour autant empiéter sur un terrain habitable. Arborant un design tout-acier dont les délais de construction devraient être fortement réduits, il s’agit de ce type de projets qui devrait connaître dans les prochaines années un important essor en Asie selon les scientifiques.

Sources : American Society of Mechanical EngineersCentre Français d’Information sur l’Intelligence Économique et StratégiqueIndustrie et technologies