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Les cellules cancéreuses blessées pansent aussi leurs plaies

Crédits : iStock

Des chercheurs danois ont identifié une technique de survie familière développée par certaines cellules cancéreuses qui consiste à réparer leur membrane et à “digérer” les parties endommagées. En inhibant ce processus, nous pourrions empêcher leur évolution et leur prolifération.

Les cellules cancéreuses développent toutes sortes de stratagèmes pour prospérer dans le corps humain. En janvier dernier, une étude publiée dans la revue Cell nous révélait que ces cellules étaient capables d’entrer en “état de dormance” pour éviter la destruction par chimiothérapie. Cela pourrait expliquer pourquoi certaines personnes répondent mal à ces traitements, mais aussi pourquoi certains cancers semblent “réapparaître” soudainement après plusieurs années.

Plus récemment, une équipe de l’Université de Copenhague a découvert que les cellules cancéreuses du sein pouvaient également s’appuyer sur le processus de macropinocytose dans le but de réparer leur membrane endommagée. Ces travaux sont publiés dans la revue Science.

La macropinocytose chez les cellules cancéreuses

La membrane plasmique façonne et protège la cellule eucaryote de son environnement. Il peut arriver que ces membranes essuient quelques dommages, ce qui peut entraîner la mort cellulaire. En réponse, l’une des techniques utilisées par les cellules est celle de la macropinocytose qui consiste à recouvrir la zone endommagée par une section de membrane intacte, scellant le trou en quelques secondes. La section endommagée de la membrane est alors décomposée en petites sphères transmises aux lysosomes de la cellule chargés de les décomposer.

Ces mécanismes de réparation ont récemment été observés dans les cellules cancéreuses pour la première fois. Les chercheurs ont fait cette découverte après avoir bombardé des cellules cancéreuses du sein en laboratoire avec un laser pour percer de petits trous dans leurs membranes. L’équipe s’est aperçue que ces “attaques” déclenchaient une macropinocytose. Ils ont également découvert qu’ils pouvaient interférer avec le processus de décomposition des membranes endommagées, empêchant finalement leur digestion et favorisant la mort cellulaire.

Notre recherche fournit des connaissances très basiques sur la façon dont les cellules cancéreuses peuvent survivre“, explique Jesper Nylandsted, principal auteur de ces travaux. “Dans nos expériences, nous avons également montré que les cellules cancéreuses meurent si le processus est inhibé. Cela pointe vers la macropinocytose comme cible pour un traitement futur“.

cancer cellules
Une cellule T attaque une cellule cancéreuse. Crédits : photothèque scientifique

Les chercheurs continueront à travailler pour étudier ces mécanismes de réparation cellulaire. Pour Stine Lauritzen Sønder, coauteure de l’étude, il sera également intéressant de voir ce qui se passe après la fermeture de la membrane. “Nous pensons que le “premier patch” est un peu rugueux et qu’une réparation plus approfondie de la membrane est nécessaire par la suite. Cela peut être un autre point faible que nous voulons examiner de plus près“.