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Celle qui protégeait les autres planètes de nous, humains

Crédits : Paul E. Alers/NASA

L’Homme détruisant sa propre planète à un rythme alarmant, une personne s’attelle à protéger les autres planètes de nous, humains, depuis maintenant neuf ans.

Catharine A. Conley est officier de protection des planètes, Mars, en particulier. Son objectif : protéger les « autres » de l’Homme, et plus précisément de nos microbes et autres bactéries. Employée depuis neuf ans à la NASA, elle a la lourde tâche de contrôler que les humains ne contaminent pas (trop) la planète Mars. D’après le New York Times, son travail « n’est pas de protéger la Terre des aliens, mais de protéger les autres planètes des terriens ». Autant vous dire que la Madame propre du système solaire a du boulot devant elle, beaucoup de boulot.

Car oui, la récente découverte d’eau liquide par la NASA sur Mars a remis à l’ordre du jour les problèmes de pollution terrestre. D’ailleurs, le rover Curiosity à l’interdiction de s’approcher des zones où de l’eau liquide pourrait se former. On estime que le robot de la NASA doit avoir entre 20 000 et 40 000 bactéries qui l’accompagnent (et peut-être 100 ou 1.000 fois plus de microbes non comptabilisés), une vraie pouponnière, et « l’environnement sur Mars représente potentiellement un grand festin pour les organismes de la Terre », explique notre gardienne de la galaxie. Elle ajoute : « si nous allons chercher de la vie sur Mars, ce serait vraiment nul d’y amener de la vie terrestre ».

Mais les récentes découvertes de la NASA concernent des ruisseaux de saumure — les plus aptes à accueillir la vie — pourraient bien soulever un problème, l’un d’eux se trouvant à quelques kilomètres de la zone explorée par Curiosity. James L. Green, un directeur de la NASA, n’exclut pas que Curiosity s’y rende, mais la décision reste difficile. Le petit laboratoire mobile, qui a coûté des milliards, pourrait contaminer la planète rouge et la NASA se veut très attentive, le Traité de l’Espace de 1967 obligeant les nations à la prudence quand elles explorent les autres planètes « pour éviter leur contamination nuisible » :

« Nous devons faire attention à ce que nous faisons parce qu’il pourrait y avoir de la vie sur Mars », explique le Dr Conley. « Nous ne voulons pas qu’on se souvienne de nous comme l’espèce qui est allée sur une planète et a éliminé toute vie pouvant s’y trouver. Nous voulons aussi éliminer les bactéries de ces robots afin d’éviter de découvrir de la vie sur Mars, pour ensuite réaliser que ce n’était que nos propres empreintes », conclu Conley.

Notons que les prochaines missions martiennes ne seront pas totalement stérilisées que ce soit InSight ou Mars 2020. Pour stériliser totalement un engin spatial, il faut ajouter un surcoût de 100 millions de dollars.

Source : 7sur7

  • Crédits photo : Paul Alers, NASA