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Ce système peut déterminer si un œil humain est celui d’une personne vivante ou non

Crédits : pxHere

Des chercheurs polonais ont mis au point un système de reconnaissance de l’iris capable de certifier si un globe oculaire appartient à un cadavre ou à une personne bien vivante ! Pourquoi une telle avancée ?

Les systèmes de reconnaissance oculaires basés sur l’iris de l’œil font partie des systèmes biométriques les plus fiables. En effet, la structure de l’iris est propre à chaque individu, mais les systèmes développés comportent tout de même des failles. Citons par exemple celui du smartphone Galaxy S8 de Samsung qui en 2017, avait été malmené par des hackers du Chaos Computer Club (CCC).

Les pirates avaient trompé le système en utilisant une photo d’un œil, dotée d’une lentille destinée à reproduire la courbure du globe oculaire. Ingénieux n’est-ce pas ? L’autre solution possible – évidemment bien plus glauque – aurait été de se servir d’un globe oculaire provenant directement du cadavre d’une personne, en théorie bien sûr. Il s’agit d’un stratagème qui a pourtant été maintes fois observé dans certains films.

En revanche, des chercheurs de l’École polytechnique de Varsovie (Pologne) ont récemment voulu améliorer la technologie des scanners biométriques afin qu’une telle manipulation soit totalement impossible. Dans leur publication du 11 juillet 2018 sur la plateforme arXiv, les scientifiques ont expliqué avoir entraîné un algorithme d’apprentissage automatique à aider un scanner biométrique. Le but est de lui apprendre à faire la différence entre l’iris d’une personne décédée et celui d’une personne vivante.

L’algorithme a donc été enrichi d’une base de données nommée Warsaw-BioBase-PostMortem-Iris-v1. Celle-ci comporte pas moins de 574 photos prises en proche infrarouge sur 17 personnes, entre 5 et 34 heures suivant leur décès. La base est complétée par 256 clichés d’iris appartenant à des personnes en vie.

Côté résultats, le système s’est avéré efficace à hauteur de 99 %, ce qui pourrait selon les chercheurs permettre de perfectionner les scanners biométriques. En revanche, l’équipe a pointé un détail qui a son importance : l’iris doit être mort depuis au moins 16 heures afin que l’algorithme puisse le considérer comme tel. Avant cette limite, les changements post-mortem ne sont pas assez prononcés, et cela revient donc à dire que l’iris d’une personne décédée depuis moins de 16 heures pourrait tromper l’algorithme. Malgré le caractère sordide et improbable des circonstances, ce détail représente bel et bien une faille dans un système qui s’approche de la perfection !

Sources : Tech XploreFutura Sciences

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