in

Ce superbe phénomène lumineux a été capturé au-dessus d’un orage le 6 août !

Crédits : Roger Spinner.

Le superbe cliché présenté en couverture a été capturé en fin de soirée du 6 août 2019 à Montsevelier, une localité suisse située dans le Jura. L’appareil étant orienté vers le sud, le phénomène immortalisé ce soir-là s’est en réalité produit en Italie – au-dessus d’un système orageux actif.

Ces gigantesques gerbes de lumière rougeoyante aux allures de méduses portent le nom de sprites en anglais et de sylphes rouges ou farfadets en français. Il s’agit de décharges électriques prenant place dans la haute atmosphère – entre la partie supérieure de la stratosphère et la partie inférieure de la thermosphère.

Elles seraient initiées par l’activité kéraunique présente à l’intérieur des nuages d’orage. En effet, à la suite d’éclairs particulièrement puissants, l’atmosphère surplombant les cumulonimbus peut devenir conductrice. En conséquence, des étincelles géantes se forment. Leur couleur particulière résultent de l’ionisation des molécules de diazote – constituant majeur de l’air.

Néanmoins, la compréhension physique de ce type de phénomène reste encore parcellaire et plusieurs hypothèses non exclusives concourent. Rappelons que la présence d’éclairs dans la haute atmosphère n’a été prouvée qu’au tout début des années 1990. Ainsi, bien que les connaissances aient rapidement progressé, il reste encore beaucoup à apprendre.

La grande diversité des éclairs de la haute atmosphère

Au fil des années, les chercheurs se sont rendu compte qu’il existait toute une zoologie propre aux décharges de haute atmosphère. Aussi, les sylphes rouges font partie d’un groupe d’électrométéore que l’on a baptisés TLE – abréviation anglaise pour phénomènes lumineux transitoires. Les moyens d’observations toujours plus sophistiqués et répandus ont progressivement permis de révéler leur diversité aux scientifiques puis au grand public.

Parmi les autres types de décharges prenant place au-dessus des systèmes orageux, on pourra citer les jets bleus, les elfes ou encore les gnomes. Un vocabulaire tiré du petit peuple qui ajoute une touche de féerie supplémentaire à ces manifestations exotiques.

Enfin, notons que les TLE se produisent plus fréquemment que ce que l’on pourrait penser de prime abord – plusieurs millions par an ! Toutefois, il est quasiment impossible de les voir à l’œil nu. La faute à leur faible luminosité, leur altitude et leur durée de vie très brève. Il est donc indispensable de s’équiper d’une caméra suffisamment sensible pour espérer les mettre à jour. Il va sans dire que certains photographes amateurs ou professionnels s’en donnent à cœur joie.

Articles liés :

Comment se forme la foudre ?

Des chercheurs ont observé un phénomène météorologique intrigant en mesure d’améliorer notre compréhension du changement climatique

Que révèle la couleur des éclairs ?