L’océan couvre plus des deux tiers de notre planète. Et ces deux tiers sont encore très largement inexplorés. Mais comment sommes-nous supposés nous fondre dans la masse pour découvrir tous ces secrets alors que nos outils d’observation effraient les poissons avec leurs hélices ? C’est là que l’idée du poisson robotisé entre en jeu.

Une équipe américaine du Massachusetts Institute of Technology (MIT) a créé un poisson-robot – baptisé SoFi – contrôlé par ultrasons. Si l’idée n’est pas nouvelle, celui-ci pourrait en revanche être le premier à pouvoir nager seul, sans surveillance et en pleine mer. Un tel robot a donc le potentiel de transformer la façon dont les biologistes étudient l’océan, notamment les habitats naturels et les récifs coralliens. Pour contrôler son mouvement, ce petit poisson robotisé de la taille d’un saumon, présente une queue en polymère extensible qui ondule via une pompe hydraulique. Les fausses ailettes rotatives lui permettent ensuite de changer de direction. En revanche, le robot n’est pas autonome, mais contrôlé à distance par un opérateur.

Le contrôleur dirige alors le poisson en envoyant des vibrations à travers l’océan. Ces impulsions sont traduites en code binaire, que le robot-poisson est capable de déchiffrer malgré les vibrations de fond de l’océan. Les chercheurs ont testé leur création dans l’océan Pacifique, à des profondeurs de zéro à 18 mètres. Les résultats préliminaires montrent que les autres poissons ne semblent pas du tout perturbés par l’intrus, qui passe inaperçu. Les chercheurs sont néanmoins actuellement limités par la vitesse, la profondeur et le temps de fonctionnement du robot – son autonomie est d’environ 40 minutes. Mais c’est un début. Les résultats de cette étude ont été publiés ce mercredi dans Science Robotics.

« Un robot comme celui-ci peut aider à explorer les récifs plus étroitement que les robots actuels, parce qu’il peut se rapprocher sans éveiller le moindre soupçon, accepté par toutes les espèces marines présentes dans son environnement », explique Cecilia Laschi, de l’École d’études supérieures Sant’Anna à Pise, en Italie.

Les images ci-dessous proviennent de plongées d’essai dans la Rainbow Reef, aux îles Fidji, à une profondeur de 15 mètres environ :

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