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Ce poisson “fossile vivant” continue son évolution malgré son apparence archaïque

Crédits : Bruce A.S.Henderson / Wikipedia

Le cœlacanthe est un genre de poisson mythique que l’on considère à tort comme étant un “fossile vivant”. Malgré le fait que ces poissons soient apparus pendant le Dévonien il y a environ 350 millions d’années, ils ont en effet très peu évolué morphologiquement jusqu’à aujourd’hui. Pourtant, des chercheurs ont récemment identifié plusieurs nouveaux gènes dans leur génome.

Découverte de 62 nouveaux gènes chez ce poisson

Les cœlacanthes (ou coelacanthiformes) sont un ordre de poissons sarcoptérygiens (vertébrés à membres charnus). Ayant fait leur apparition durant l’ère géologique du Dévonien, ces poissons ont physiquement peu évolué depuis. Le premier spécimen vivant, un cœlacanthe africain (Latimeria chalumnae), fut pêché en 1938. Or, celui-ci ressemblait fortement aux fossiles connus datant de la période du Trias, il y a environ 250 millions d’années. L’apparence plutôt archaïque des cœlacanthes fait qu’on les considère à tort comme des “fossiles vivants”, ce qui sous-entend que ces poissons n’ont pas évolué durant des millions d’années. Or, c’est faux, puisque leur génome a bien évolué.

Dans une étude parue dans la revue Molecular Biology an Evolution le 9 février 2021, des chercheurs de l’Université de Toronto (Canada) se sont intéressés au cœlacanthe africain. Ces travaux ont permis la découverte de 62 nouveaux gènes dans son patrimoine génétique. Si la fonction de ces gènes reste encore inconnue, les scientifiques estiment avoir compris comment les cœlacanthes les ont acquis.

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Crédits : MarineBio

Des “gènes sauteurs” à l’origine de ces gènes

Il faut savoir que le génome du cœlacanthe se compose d’environ 25 % d’éléments transposables (transposons). Il s’agit de fragments d’ADN dit “gènes sauteurs”, capables de se séparer de la séquence de base pour s’intégrer dans une autre. Une enzyme nommée transposase permet alors au transposon de réaliser cette opération. Ces éléments mobiles se fixent à l’ADN avec le temps et peuvent être à l’origine de nouveaux gènes pouvant permettre une évolution du génome. Selon les scientifiques, les 62 nouveaux gènes en question du cœlacanthe africain proviennent de transposons ayant enrichi son patrimoine génétique il y a près d’une dizaine de millions d’années.

Les chercheurs ont analysé la séquence de ces gènes et pensent que ceux-ci codent pour des protéines jouant un rôle dans la régulation de l’activité des gènes. Il pourrait par exemple s’agir de protéines de liaison à l’ADN ou encore de facteurs de transcription. Plutôt discrets, ces gènes peuvent être très importants pour que le cœlacanthe s’adapte à son environnement. Ainsi, si ces gènes n’ont pas modifié l’apparence du poisson, ils témoignent tout de même de son évolution.